lundi 24 mai 2010

Jour de lessive

Dans le style habituel de Frédéric Stehr, qui n’est autre que le créateur de Calinours et de Mariette et Soupir (les marmottes) , voici un album tout doux, tout mignon, tout tranquille pour les plus petits.

Pas de monstres, pas de vilain méchant, pas d’angoisse métaphysique, ni de rebondissements cruciaux. Simplement une petite fille au bord d’une rivière qui se déshabille et va laver ses vêtements, en compagnie de ratons laveurs (évidemment) et d’une grenouille. Quel plaisir, quel repos !



Jour de lessive, Frédéric Stehr, L’école des loisirs, 12,50€.


vendredi 21 mai 2010

Le tigre et le chat

Ce conte traditionnel explique comment le tigre, timide et poltron, est devenu le tigre qu’on connaît, chasseur redoutable et agile, grâce à l’aide du chat. Le récit d’une initiation dans lequel le chat est le maître et le tigre l’élève. Mais hélas, on y apprend aussi que les élèves sont parfois bien ingrats vis-à-vis de leur maître…

Les expressions et attitudes des animaux sont très réussies et très amusantes. Quant aux décors, ils sont exotiques comme il faut.



Le tigre et le chat, un album d’Eitaro Oshima, L’école des loisirs, 13,50€.


jeudi 20 mai 2010

Les petites filles top-modèles

Vanessa, 11 ans, enchaîne les séances photo pour un catalogue de vêtements. Bienvenue dans un monde de faux semblants, où les enfants sont mis en scène dans des postures ridicules, reflétant les archétypes les plus éculés du sexisme (petite fille regard aguicheur séduisant un garçon qui la mate par dessus ses lunettes de soleil).

Clémentine Beauvais, l’auteur, décrit habilement comment ces top-modèles en herbe, d’abord aux mains de leurs parents, passent ensuite dans celles de businesswomen cyniques, avant d’être jetées en pâture dans un milieu aux codes cruels et ravageurs. Il y a d’ailleurs au passage quelques portraits assez drôles de mannequins adultes totalement déglinguées. L’écriture est vive, la thématique et la couverture girly devraient emballer les gamines et pour une fois, celles-ci sortiront de leur lecture avec un peu plus de plomb dans la cervelle. Bien joué !


Les petites filles top-modèles, de Clémentine Beauvais, éd. Talents hauts, 7,90€.


mercredi 19 mai 2010

Gabriel Mouesca : non à la violence carcérale

La collection Ceux qui ont dit non propose des portraits d’hommes et de femmes qui se sont élevés contre leur condition, contre le cours de l’Histoire, contre l’inacceptable. Il y a déjà eu Simone Veil, Olympe de Gouges, ou Jean Jaurès, c’est à présent au tour de Gabriel Mouesca.

Après 17 ans passés en prison, ce militant n’a cessé de dénoncer les conditions de détention en milieu carcéral, inhumaines et soumises à l’arbitraire, avant de devenir président de l’Observatoire international des prisons. Un portrait percutant pour ouvrir les yeux sur un sujet trop rarement abordé.


Gabriel Mouesca : Non à la violence carcérale, de Caroline Glorion, Actes Sud junior, 7,80€.

mardi 18 mai 2010

Ce soir-là

Un court moment avec Benjamin, un court moment qui dure pourtant beaucoup trop longtemps pour ce petit gars-là. Il vit seul avec sa mère, dans un studio. Ça sent la misère, mais aussi l’attention donnée aux petites choses, le goût et le soin pour rendre la vie la moins dure possible malgré le manque d’argent.

Il attend, comme tous le soirs, sa mère qui rentre du travail. Il fait passer le temps. Les devoirs, le goûter, la visite du voisin étudiant qui vient vérifier que tout va bien. Mais ce soir-là, sa mère est en retard. L’inquiétude va se mêler à l’attente, puis la panique, l’angoisse…

Une évocation très simple et sans misérabilisme d’une situation de vie précaire à tous les niveaux.


Ce soir-là, de Agnès Lacor, éd. Thierry Magnier, 5€.

vendredi 7 mai 2010

Le tueur à la cravate

Marie-Aude Murail a dû s’infliger plein de Mary Higgins Clark pour écrire son dernier livre. Même pas impressionnée par les ficelles et autres recettes de cette best-selleuse au brushing impeccable, notre auteure jeunesse nationale signe donc, elle aussi, un thriller. Le livre a même failli s’appeler Thriller.com car il y est question d’Internet, de sites, de blogs et des nouveaux réseaux sociaux, comme on dit, tels que les sites de recherche d’anciens élèves, ou Facebook…
C’est ainsi que débute le roman : une gamine met en ligne sur perdu-de-vue.com une vieille photo de lycée de son père et de sa mère. Sans s’en douter, elle déclenche une tempête, qui va faire claquer les portes des placards et en faire sortir bien des cadavres…
Quand on parvient au bout de cette haletante intrigue pleine de rebondissements et d’entrelacs, Marie-Aude Murail nous offre un bonus : un journal de création, qui relate au jour le jour le travail préparatoire du roman. Comment naît un roman (ou pas) répond ainsi à cette question, à laquelle l’auteure est régulièrement sommée de répondre : « D’où ça vous vient, l’inspiration ? ». La gestation d’une histoire, le choix d’un univers, les mystères de l’inspiration, la recherche documentaire, la construction des personnages… autant de facettes du travail d’écriture et de la création qui sont ici évoquées en situation, de façon donc très concrète. On assiste aux premières pierres du roman en train d’être posées, alors même que l’auteure se demande encore si elle ne va pas plutôt écrire une histoire inspirée de la mythologie grecque… Un passionnant flash back qui éclaire le roman d’une nouvelle lumière.


Le tueur à la cravate, un roman de Marie-Aude Murail, dans la collection Medium de L’école des loisirs, 11,50€.

mardi 4 mai 2010

Fête du livre jeunesse de Villeurbanne


Si vous avez envie de faire la révolution, de lancer votre poing en l’air en criant « no pasaran ! », faites donc un crochet par Villeurbanne cette semaine. Vous y croiserez tout ce que la littérature jeunesse compte de dangereux activistes, de rebelles, de gens en colère, de protecteurs de sans-papier, de plumes acides et de mal embouchés… et aussi de joyeux drilles complètement dingues comme les Plonk et Replonk, espèce de collectif d’artistes espiègles aux création farfelues et photomontages très drôles…

RESISTER, c’est le thème de la fête du livre jeunesse de Villeurbanne. C’est du 5 au 9 mai. Et c’est à … Villeurbanne, pardi !

Et si vous habitez Biarritz, ou Bastia, et que vous hésitez encore un peu à traverser la France, lisez donc cette interview que m’a généreusement accordée Gérard Picot, le directeur et fondateur de cette fête… (interview publiée dans le non moins résistant magazine Témoignage Chrétien)

Passionné et enthousiaste, Gérard Picot est le fondateur de l’autoproclamée « géniale » Fête du livre jeunesse de Villeurbanne. Avec cette onzième édition, sur le thème Résister, il met en avant une littérature engagée, s’adressant à tous les âges, et la porte au cœur de la cité.

Vous précisez bien qu’il s’agit d’une « fête du livre » et non d’un salon…
GERARD PICOT : C’est tout sauf de l’événementiel. Cette fête est devenue incontournable dans le paysage associatif et scolaire de la ville. C’est le résultat d’un travail d’un an. Une centaine de projets sont organisés en amont, dans des structures classiques – écoles, lycées – mais aussi dans les maisons d’arrêt, les hôpitaux, auprès des non voyants, etc. C’est une spécificité toute villeurbannaise. Il y a vraiment une notion de fête. C’est une espèce de gâteau qu’on prépare pendant un an. Et le week-end on le mange tous ensemble !

Pourquoi ce thème, Résister ?
GERARD PICOT :
C’est un choix que j’ai fait suite à un partenariat avec l’Education nationale, sur le constat que cette vénérable institution était malmenée par le pouvoir en place. Par ailleurs, notre fête du livre est sensibilisée à tous les problèmes sociaux et nous privilégions les thèmes citoyens. Il y a deux ans, nous avons fait Et toi ton toit ? qui posait le problème des maisons d’arrêt, des expulsions et du logement. L’année prochaine, le thème sera : « Les filles et les garçons naissent égaux, certains plus que d’autres ».

Comment abordez-vous ce thème de la résistance ?
GERARD PICOT : On est parti de l’album Ita-Rose, de Rolande Causse et Gilles Rapaport [éd. Circonflexe, NDLR], qui parle de la déportation d’une famille juive pendant la guerre. Il se trouve que la maison d’Ita-Rose est à Villeurbanne. On a eu envie de partir des valeurs de la Résistance, la vraie, la pure, la dure, pour arriver aux valeurs de la résistance contemporaine. Des auteurs qui ont écrit sur le Rwanda sont invités. Il s’agit aussi tout simplement de la résistance au quotidien telle qu’elle apparaît dans le dernier album d’Alain Serres, illustré par Pef, Travailler moins pour lire plus [éd. Rue du Monde, NDLR]. On a aussi invité des auteurs qui parlent de la résistance au formatage, aux marques, au qu’en dira-t-on. Il est important pour moi qu’on puisse aussi parler de l’humour et de la dérision comme moyens de résister, en invitant les Plonk et Replonk. L’idée n’est pas que les 20 000 visiteurs repartent plombés, la tête basse, mais qu’ils repartent avec beaucoup d’émotion et d’interrogations aussi.

Lire et faire lire, n’est-ce pas déjà résister ?
GERARD PICOT : C’est ce que disait Pennac : « Ouvrir un livre tous les jours est un acte de résistance ». Il le disait déjà à une époque où l’écran n’était pas omniprésent.

Ça concerne aussi des enfants de 2 ans ?
GERARD PICOT
: Oui complètement ! On propose des albums pour des enfants de 2 ans jusqu’aux livres pour des grands adulescents de 23 ans. La notion de résistance, chez le petit, c’est résister au départ de sa maman la nuit quand on le couche, résister à avoir sa tétine. C’est une attitude. Y a pas d’âge pour résister ! Du Nutella à Nicolas, résistons !

Le salon du livre jeunesse de Montreuil a failli perdre une grosse partie de ses subventions. Les salons et fêtes du livre sont-ils tous menacés ?
GERARD PICOT
: Les fêtes du livre sont tout sauf indolores et sans saveur. C’est vrai qu’elles sont souvent en proie aux discussions. Elles sont fragiles.



La Fête du livre jeunesse de Villeurbanne, du 5 au 9 mai.
Tout le programme, expo, spectacles et auteurs ou illustrateurs invités sur le site :
http://www.fetedulivre.villeurbanne.fr/index.html

dimanche 18 avril 2010

C’est un monde !

Un bonhomme vit tranquille dans sa grande maison, qui s’agrandit, comme son esprit, à mesure qu’il l’explore. Jusqu’au jour où déboule dans sa vie un petit personnage prétendant être le Diable. Ensemble, ils vont déloger une espèce de grosse pelote noire qui encombre la grande maison. Mais les choses, et encore moins les grosses pelotes, ne se déroulent jamais comme prévu, et l’homme va être entraîné bien au-delà de sa maison...
Un album au graphisme audacieux, qui aborde, l’air de rien, et avec malice, des sujets des plus existentiels.

C’est un monde ! Le Diable expliqué aux enfants ou pourquoi papa bricole, de Michel Galvin, Le Seuil jeunesse, 16,50€

vendredi 16 avril 2010

T’étais qui toi ?

Cette collection de petits romans propose une approche différente des habituelles biographies historiques. Le ton est volontairement léger, le texte relativement court et illustré avec humour. Le choix des personnages se fait lui aussi hors des sentiers battus puisque s’autorisant à faire le portrait de vilains ou en tout cas de personnages pas hyper recommandables, ni vendeurs moralement parlant (voir par exemple le destin saignant d’Agrippine sous l’Empire romain et sous la plume d’Audrey Guiller).
Les trois premiers titres sont consacrés à Charles de Gaulle, Agrippine et Léonard de Vinci.
Le Charles de Gaulle écrit par Vincent Cuvellier est particulièrement savoureux (le contraire eut été étonnant, tiens).


Des petits bonheurs de lecture pour des immersions dans l’Histoire décomplexées, et garanties sans poussière !



T'étais qui, toi?, une collection des éditions Actes Sud Junior. 7,80€ le livre.

jeudi 15 avril 2010

Une graine en cadeau

Voilà le genre d’histoire qui me fait jubiler. Quand un vilain petit morveux égoïste et matérialiste à outrance se retrouve confronté à l’impensable : son grand-père lui a chouré l’intégralité de ses cadeaux d’anniversaire ! En échange, le gosse se retrouve avec une graine de rien du tout qu’il doit planter. Il ne reverra ses cadeaux que lorsqu’il y aura un fruit sur la plante qu’il aura fait pousser. Autant dire à la Saint Glinglin…
Jolie réflexion sur la générosité, l’attention aux autres, la consommation tout de suite et maintenant, l’être et l’avoir quoi…
Gilles Abier est très fort pour « planter » des récits très ancrés dans le quotidien, auxquels viennent se mêler des touches de fantastique (c’était déjà le cas dans La vie en verte).
J’aime, comme on dit sur Facebook.


Une graine en cadeau, un roman de Gilles Abier, illustré par Benjamin Adam, collection Cadet, Actes Sud junior, 7€.

mercredi 14 avril 2010

Autochtone

Le collectif AOC présente en ce moment sa dernière création à l’Espace Cirque d’Antony : Autochtone. Et je peux en témoigner, moi qui m’y suis rendue en RER B un jour de grève, cela vaut le déplacement !

Sous ce haut chapiteau orange, rien ne marche plus comme dans la vie. Les hommes volent, les femmes leur montent dessus, les être s’empilent dans le sens de la hauteur, ils se propulsent, se jettent, marchent sur les murs, se cognent, sont aplatis, projetés, lâchés, en transe… Autant de prouesses physiques époustouflantes, chorégraphiées par Karin Vyncke et réalisées par une bande d’anciens élèves du Centre national des arts du cirque.


Une grande étrangeté, pas si étrangère pourtant à notre monde, puisqu’on y croise des hommes avançant guidés par des carottes, des êtres jetés de chez eux comme de vulgaires couvertures.
Dans l’obscurité de la salle, alternent sentiment d’urgence, scènes de chaos, ambiances d’exils, de réfugiés, de fins de marché, de récup’ et de toiles de tentes… Devant nous, des corps désarticulés, manipulés, écartelés, dénudés, humiliés… Des accès de fureur aussi, soulignés par des moments de pur hard rock ou autre métal décapant.
Un univers froid, violent et mécanique, où perce pourtant de la poésie, de l’humanité et que traversent aussi des corps en harmonie (et notamment un couple enlacé dans les airs dans une danse nuptiale vertigineuse).
Pour résumer, un spectacle d’une intensité décoiffante, qui sèchera parents et enfants.


Autochtone, Espace cirque d’Antony, les 16 et 17 avril, à 20h. Conseillé à partir de 8 ans.
Puis en tournée, à Chalons en Champagne notamment (du 1er au 6 juin) et Rennes (du 5 au 10 juillet).
Le site du collectif AOC :
http://www.collectifaoc.com/

mardi 13 avril 2010

Les Bombes 2 bal

Il y a la crise, ok, la menace nucléaire, certes, le terrorisme bactériologique, soit, le dérèglement climatique, c’est sûr… Mais ce que vous ne savez peut-être pas, c’est qu’il y a les Bombes 2 Bal (enfin, normalement, vous devez le savoir puisqu’on en a déjà parlé ). Et mieux encore : il y a les Bombes 2 Bal en tournée, partout en France !
Emmenez-y votre grand-mère, vos enfants, vos parents, vos neveux, vos oncles et vos amis. Ce sera toujours ça de gagné sur la morosité ambiante !

Je vous donne les prochaines dates :
Saint Etienne, le 16 mai
Langon, le 29 mai
Avignon, le 5 juin
Bezons, le 6 juin
Lezat sur Lèze, le 12 juin
Et ça continue comme ça jusqu’en septembre…
Comme je ne vais pas non plus vous les recopier toutes, je vous invite à cliquer par là : http://www.myspace.com/bombes2bal

100 expériences scientifiques

Tremper ses doigts dans un bol de glaçons, faire surgir de la lave verte d’un dragon en plastique, fabriquer une pyramide de spaghettis à l’aide de chamallows…
Ce grand livre propose, vous l'aurez compris, tout un tas d’expériences très simples et ludiques qui permettent d’aborder des notions de chimie, de physique, de biologie, etc.
Des expériences très accessibles, dont la plupart sont réalisables seul, idéales pour aiguiser la curiosité naturelle de nos petits loups, et les faire se frotter aux mystères, aux lois et autres bizarreries du monde dans lequel nous vivons.
(Vu sous un autre angle, mon fils a les doigts bleus depuis deux jours, de la même couleur tachetée que le lino de la cuisine d'ailleurs, et j'ai personnellement frôlé l'indigestion de chamallows, c'est absolument génial!)

100 expériences scientifiques, de Georgina Andrews, Kate Knighton et Stella Baggott, éditions Usborne, 16€.

Ah mais zut ! Un petit tour des librairies en ligne indique que cet ouvrage n’est plus disponible. Est-il épuisé ? A-t-il explosé suite à une expérience foireuse ? A-t-il été retiré de la vente après que des enfants aient subi d’étranges transformations ? (soient devenus bleus par exemple)
Désolée de ne pouvoir vous en dire plus…

mercredi 10 mars 2010

Une sirène chez les hommes

Un petit livre carré d’une belle intensité. Tout est fin et beau, jusqu’au format, qui confère à l’objet un caractère fragile…
Magnifiques illustrations pleines de grâce, de douceur et de délicatesse, aux fonds sombres et parfois inquiétants.
Un conte classique du Japon, qui a certainement inspiré le film Ponyo sur la falaise. Histoire d’une sirène qui grandit dans le monde des hommes, ou comment le monde des humains et celui des sirènes, si proches et si lointains, ne s’accommodent décidément pas facilement ! (voir aussi La petite sirène d’Andersen).

Une sirène chez les hommes, un album illustré par Komako Sakaï, écrit par Mimei Ogawa, L’école des loisirs, 13,50€.

mardi 9 mars 2010

Les tartines au Kétcheupe

Nicolas est le petit dur de sa classe de maternelle. Celui qui n’écoute jamais, qui ne comprend jamais rien aux consignes et qui fait régner la terreur dans la cour de récré. C’est que, dans la tête de ce petit gars-là, il s’en passe des choses….
Rien d’étonnant quand on a une vie tiraillée entre l’école (avec une maîtresse dépassée et un maître qui essaie de jouer les gros bras) et la maison où papa cogne maman et les enfants.
Punitions et coups qui pleuvent, amis imaginaires (un fourmiceau et un petit Toizeau), bêtises en tout genre… Avec un langage poético-enfantin, plein de néologismes charmants tels qu’il en sort de la bouche des enfants, Nicolas pose sur le monde qui l’entoure un regard délicieusement naïf et à côté de la plaque (ou qui en tout cas fait mine de l’être).
Un petit roman qui oscille entre l’humour et l’horreur. C’est drôle, touchant et terrifiant à la fois. Pas pleurnicheur pour un sou, et pourtant ça fait mal et ça laisse des bleus ces histoires-là.

Ce très-super-beaucoup-beau texte de la prolifique Marie-Sabine Roger est une réédition. Sa lecture est tout à fait conseillée aux adultes et aux lecteurs suffisamment grands pour apprécier cette langue joliment martyrisée (comme le gamin de l’histoire). L’éditeur le conseille à partir de 10 ans.

Les tartines au Kétcheupe, de Marie-Sabine Roger, collection Dacodac du Rouergue, 6,50€

lundi 8 mars 2010

Des métiers, mon métier

Voilà une idée bête comme chou à l’origine d’un ouvrage passionnant : présenter des métiers aux enfants.
Leur montrer une palette de tout ce que peut faire un être humain occidental aujourd’hui pour gagner sa vie et même pourquoi pas s’épanouir : boulanger, policier, chargé de recrutement, documentaliste, conseiller agricole, conducteur d’engins de travaux publics, attaché de conservation dans un musée, etc., etc.

Abordés sous forme d’interviews et de témoignages, ces différents métiers (500 en tout) sont classés par catégories (« être proche de la nature », « découvrir, expérimenter », « imaginer, construire », « orchestrer, décider », « 100% contact », « se tourner vers les autres », « bouger, voyager », etc.)
Pour chaque profession, un petit questionnaire permet au lecteur de se rendre compte s’il est fait ou non pour ce métier (très instructif à faire pour soi même, soit dit en passant !)
Un ouvrage très complet et nécessaire pour faire découvrir l’univers du travail. A mettre entre toutes les mains, le plus tôt possible (c'est conseillé à partir de 12 ans, mais je peux témoigner que mon fils de 8 ans en est dingue).

Des métiers, mon métier, édition 2010-2011, de Sophie Bordet et Nadine Moucher, co-édition Nathan et Onisep, 15,95€

dimanche 7 mars 2010

Le secret du soir

Vous savez quoi ? Eh ben, il paraît qu’on peut avoir un château avec mille fenêtres, mille portes et mille tapis, une nounou à son service, mille jeux et mille autres occupations, et se sentir seul et triste. Et c’est bien ce qui se passe avec Igor, petit prince que sa maman la reine n’a pas le temps de venir embrasser avant de s’endormir, occupée qu’elle est à danser au bal… Heureusement, dans ce genre de cas, il reste une solution, imparable : devenir ami avec un dragon. Et lorsque Kalaman, joli spécimen des royaumes de l’Est, débarque dans son lit, Igor va vivre mille aventures qui l’aideront à grandir à côté de parents fort occupés…
Un conte tout en finesse et sensibilité, sans sensiblerie aucune, qui parle des bienfaits de l’imaginaire, des histoires qu’on se raconte le soir en s’endormant et des rêves, remèdes efficaces contre la solitude et l’angoisse.

Le secret du soir, un album écrit par Cécile Roumiguière, illustré par Eric Gasté, Milan jeunesse, 12€.

samedi 6 mars 2010

Ours qui lit

Un ours est en train de lire peinard, quand déboule un renard qui lui demande ce qu’il fait – je lis – et le dérange donc dans sa lecture. La deuxième question arrive aussitôt : « Tu lis quoi ? » Et l’ours excédé de répondre : « la liste des animaux que je dois manger aujourd’hui. » Et le renard de s’inquiéter de savoir s’il figure sur cette liste… « Oui, tu es dessus » confirme l’ours.
Comme s’ils s’étaient donnés le mot, tout un tas de bestioles vont ainsi venir enquiquiner l’ours en train de lire. Et forcément, ça finit mal à chaque fois (« ours le bouffe »). Jusqu’à ce qu’un petit lapin débarque. « Tu lis quoi ? » demande-t-il.
Et là, je ne raconterai la suite que sous la torture. Mais je peux quand même vous dire que c’est exquis, drôle et malin.
Un petit conte randonnée illustré par des collages de Martine Bourre, joliment absurde et pourtant plein de sens et de bon sens. Ou du pouvoir des mots et du langage. Vendu !

Ours qui lit, écrit par Eric Pintus, illustré par Martine Bourre, collection Les p’tits Didier des éditions Didier jeunesse, 5,30€.

vendredi 5 mars 2010

On va au parc !

J’adore cet album !
Tout y commence de façon très « normale ». Un enfant demande à son papa, qui dort sur le canapé, s’ils peuvent aller au parc. Mais le papa n’entend pas. L’enfant répète, de plus en plus fort, il saute, tambourine, mais le papa ne se réveille pas. L’enfant utilise alors les grands moyens : il passe l’aspirateur, casse le vase de Chine et la situation commence à sérieusement dégénérer. On peut même dire que c’est le grand délire. Mais rien à faire, le père dort toujours sur son canapé… Qu’est-ce qui le réveillera ? Je vous laisse le plaisir de le découvrir vous-mêmes.
Un album drôle, zinzin, avec une fin jolie comme tout.

On va au parc ! un album de Fabian Negrin, éditions du Rouergue, 13€.

jeudi 4 mars 2010

Si je donne ma langue au chat, est-ce qu’il me la rendra ?

Comme le dit si bien François David, l’un des poètes présents dans cette anthologie : « Quel plaisir de déguster les mots ». Et des mots, il y en a plein ce livre, des mots sens dessus dessous, des anagrammes, des onomatopées, ou du verlan…
C’est coloré, c’est vif, c’est vivant et souvent amusant. Ça croustille sous les dents !


Si je donne ma langue au chat, est-ce qu’il me la rendra ?
Une anthologie de poèmes choisis par Célia Galice et Emmanuelle Leroyer, préfacée par le poète Jean-Pierre Verheggen, illustrée par Oréli, Bayard jeunesse, 9,90€.

mercredi 3 mars 2010

Une baleine dans mon jardin

Il y a des écrivains biens sous tout rapport, sérieux, reconnus et tout, qui se sont un jour laissés aller au plaisir de la ritournelle et de la comptine. Boris Vian, Bernard Clavel, Jean Tardieu, Roland Topor, Victor Hugo, Claude Roy et j’en passe beaucoup, tous ces gars-là (pas beaucoup de nanas dans le lot, faut l’avouer) sont donc réunis dans ce recueil de comptines joyeuses et rythmées. Des histoires de tartines, de poules, de poissons et de canaris, illustrées avec un brin de fantaisie et la grâce habituelle de Sandra Poirot Cherif.

Une baleine dans mon jardin, anthologie de Jean-Marie Henry, illustrée par Sandra Poirot Cherif, éd. Rue du Monde, 14€.

mardi 2 mars 2010

Les petits géants du monde

Les petits géants du monde est une collection des éditions Rue du monde consacrée à la poésie. L’idée est toute simple : un poème = un petit livre carré tout mignon.


La fournée 2010 est délicieuse : on y trouve L’onomatopée d’Andrée Chédid, un poème illustré par Lucile Placin qui est je l'avoue mon super préféré.

Mais il y a aussi Le secret de René de Obaldia illustré par Julia Chausson, ainsi qu'un poème russe, Je voudrais savoir, illustré par Martine Bourre, ou encore un petit recueil de haïkus illustrés par Zaü.





Des petits livres pour prendre le temps de savourer les mots, à glisser dans une (grande) poche, dans un cartable, un sac de goûter, sous un oreiller, dans une boîte à lettre ou dans un sac à provisions…





L’onomatopée d’Andrée Chédid, illustré par Lucile Placin
Sous la lune poussent les haïkus, poèmes japonais de Ryôkan, illustrés par Zaü,
Je voudrais savoir, de Youna Morits, illustré par Martine Bourre
Le secret de René de Obaldia, illustré par Julia Chausson


Collection Petits géants du monde, éd. Rue du Monde, 6,50€

Et n'oubliez pas, le Printemps des poètes, c’est du 8 au 21 mars 2010, et c’est là.

lundi 1 mars 2010

Le printemps des poètes

Vous sentez ? Il y a de la poésie dans l’air… Normal, c’est la saison. Chaque année, pour fêter la fin de l’hiver, c’est en effet le Printemps des poètes. Et le Printemps des poètes, c’est l’occasion de sortir les comptines, les vers et les haïkus, d’épousseter les alexandrins et les poètes.
Franchement, je ne sais pas si vous avez essayé, mais c’est super de lire de la poésie aux tout petits. J’ai le souvenir d’en avoir lu en boucle à mon fils quand il parlait à peine, et je vous jure qu’aujourd’hui c’est un garçon charmant et intelligent (qui adore les Pokemons et Dragon Ball Z, comme quoi il est resté normal malgré tout).

A présent que vous êtes convaincus, vous pouvez sauter de joie, car j’ai mis de côté quelques recueils et autres livres de poésies fraichement parus.

Petite série à suivre...

Est-ce que je peux avoir la tête dans les nuages et les pieds sur terre ?




A cette question existentielle, des gars comme Rimbaud, Stevenson, Queneau, ou Neruda essaient de répondre comme ils peuvent.
Voici ce que cela peut donner, sous la plume d’un poète chilien…

Qui était celle qui t’aimait
dans les rêves, quand tu dormais ?

Où vont les choses de nos rêves ?
Est-ce dans les rêves d’autrui ?

Le père qui vit dans tes rêves
Meurt-il dès que tu te réveilles ?

Pablo Neruda

Est-ce que je peux avoir la tête dans les nuages et les pieds sur terre ? une anthologie de poèmes choisis par Célia Galice et Emmanuelle Leroyer, éditions Bayard jeunesse, 9,90€.

Tout le programme du Printemps des poètes 2010, c'est là.

samedi 27 février 2010

Mission petite souris

Bon, pas la peine de me jeter des pierres, j’avoue avant même d’écrire : cette chronique est du copinage. Car l’auteur de la série dont je vais vous parler m’a invitée un jour à déjeuner, et donc forcément, je suis bien obligée de dire que ce qu’il écrit est formidable. (A moins que je n’accepte d’invitation à déjeuner que de gens formidables, vous y avez pensé à ça, hein ?)
Donc bref, aucune objectivité là dedans, mais sachez quand même que M. Loup et compagnie est une petite série de romans de toute première lecture, pour les enfants qui se lancent seuls à l’assaut de leurs premiers bouquins.
Et l’idée est excellente : M. Loup est une sorte d’agence d’Interim à lui tout seul, qui remplace n’importe qui voulant partir en vacances. Pour sa première mission, il doit ainsi remplacer… la petite souris ! Inutile de vous dire que jouer à la petite souris quand on est un loup, c’est pas « fasti-fastoche »…
Fidèle à la collection Ratus poche, une lecture très simple et guidée, pour les premiers pas de lecteur.

Mission petite souris, de Pascal Brissy, illustré par Joëlle Dreidemy, collection Ratus poche, Hatier jeunesse, 3,95€.

Mister Bonflair

Dans la famille des premières lectures, voici du polar en herbe. Ou les aventures de Mister Bonflair, sympathique et futé chien vert qui résout tous les mystères.
Il officie dans ce troisième tome aux sports d’hiver et mène l’enquête pour savoir qui a bien pu assommer Démosthène, un lapin rouleur de mécaniques retrouvé inconscient en bas des pistes.
A chaque double page, une question est posée au lecteur afin de faire avancer l’enquête de Bonflair. Il faut alors découvrir un indice qui se cache dans l’illustration.
Une lecture simple et ludique pour débutants.

Une enquête de Mister Bonflair, La montagne de la peur, écrit par Claire Clément et illustré par Frédéric Benaglia, éd. Nathan, 4,80€. A partir de 6 ans.

mercredi 17 février 2010

Bon appétit

Vous avez toujours rêvé de faire la course contre une assiette de haricots verts ou une barre chocolatée?
Vous voulez vous vautrer dans un fauteuil-télé pour savoir pourquoi manger en regardant la télé peut rendre obèse ?
Vous voulez tout comprendre à la dépendance alimentaire?
Vous attendez de revoir les photos de Peter Menzel montrant les rations alimentaires hebdomadaires de familles du monde entier?
Vous aimeriez qu’on vous explique ce qui se passe dans votre caddy quand vous faites les courses au supermarché?
Vous rêvez d’entendre ce qui se passe dans un frigo dès que vous en avez refermé la porte ?
Vous avez besoin de voir de vos yeux voir le nombre de morceaux de sucre, de cuillères d’huile et de pincées de sel contenus dans un soda, ou une assiette de paëlla ?
Vous souhaitez qu’on vous sensibilise aux ravages des prémix que les industriels essaient de refourguer aux ados, dans l’espoir de les rendre un jour accros à l’alcool ?
Vous vous demandez ce qu’est la complémentation ?
Vous mangeriez bien une petite soupe de chien ou une pizza à la cervelle de mouton ?

Si vous avez une majorité de oui, voilà ce qu'il vous reste à faire:
kidnappez un ado ou un pré-ado et payez-vous un billet d’entrée pour l’exposition Bon appétit, à la Cité des sciences et de l’industrie, à Paris.

Bon appétit, l’alimentation dans tous les sens, c’est jusqu’au 2 janvier 2011, Cité des sciences et de l’industrie, Paris 19e. Pour les enfants à partir de 9 ans jusque 14 ans environ et pour leurs parents.
Et c'est aussi un livre paru chez Bayard (14,90€)
Le site de l'expo, c'est là :
http://www.cite-sciences.fr/francais/ala_cite/expositions/bon-appetit/

mardi 16 février 2010

Ilka Schönbein

Ilka Schönbein était à l’origine une artiste de rue. Manipulatrice de marionnettes, danseuse, créatrice de masques, comédienne et metteuse en scène, cette femme sait tout faire en même temps. Et son travail est époustouflant.

La vieille et la bête, sa dernière création, est une histoire dans laquelle la mort s’invite au chevet d’une vieille, ancienne ballerine.

Prolongement de la manipulatrice, la marionnette s’empare de son corps, on ne sait plus physiquement où commence la bête et où finit la vieille. Les personnages s’animent, tels des créatures fantastiques, moitié corps, moitié âme.

A travers le conte, Ilka Schönbein explore nos profondeurs, présentant des personnages tour à tour inquiétants, superbes, drôles et tragiques. Elle interagit avec le public, qu'elle nourrit entre autres de pommes, accompagnée en cela par une musicienne et chanteuse.

J’ai du mal à parler de cet univers riche et singulier, mais une chose est sûre : ce théâtre-là dégage une force rare. Il s’adresse aux grands enfants, à partir de 9 ans, et bien au-delà.


Suivra Faim de loup une interprétation du petit chaperon rouge mise en scène par Ilka Schönbein, manipulée et interprétée par Laurie Cannac.



La vieille et la bête, de et par Ilka Schönbein, avec Alexandra Lupidi, au Grand Parquet (Paris 18e), jusqu’au 14 mars, puis en tournée (en Suisse et à Béthune). Les jeudi, vendredi et samedi à 20h et le dimanche à 15h. A partir de 9 ans.


Faim de loup, avec Laurie Cannac, mis en scène d’Ilka Schönbein, à partir de 8 ans, du 18 au 21 mars, puis en tournée en France.

Resa : 01 40 05 01 50

www.legrandparquet.net


A lire aussi, une interview de la dame sur fluctuat.net

lundi 15 février 2010

Fantastique Maître Renard

Une adaptation honnête, quoique pas tout à fait fidèle. L’histoire est ici rallongée en effet, car le roman ne suffisait pas à remplir un long métrage de cinéma. De mon point de vue, les ajouts ne sont pas hyper convaincants. La fin m’a même paru légèrement confuse. Ajouts également de préoccupations fortement humaines et adultes chez ce renard, qui se fait une espèce de crise de la quarantaine. Et on ne nous épargne pas non plus le couplet assez peu original des relations conflictuelles entre un père et son fils. D’un côté le père grande gueule et sûr de lui, ancien champion de tout, qui a du mal à se reconnaître dans son rejeton. De l’autre, le fils, donc, gauche et pas malin, lequel souffre évidemment de ce manque de reconnaissance. Mais heureusement, grâce aux événements qui vont se jouer, le père va se rendre compte de son erreur et faire amende honorable auprès de son fils, qui du coup va se sentir mieux dans sa peau et prouver enfin au monde qu’il existe, malgré ses différences, et blablabla.. Il y en a un peu marre de ce genre de gros message malabar, non ?
Reste, dans le rôle du personnage sympathique et attachant, le donc sympathique et donc attachant opossum. Du côté des méchants, les scénaristes n’ont pas jugé bon de développer trop les personnages : ils sont méchants, voilà tout (enfin surtout un, car les deux autres à vrai dire sont plutôt crétins).
Maintenant que j’ai fait ma fine bouche, je dois dire quand même que ça se laisse regarder. Il y a de l’énergie, du rythme, de la musique qui balance sérieux, et quelques effets de mise en scène intéressants. Alors, oui, d’accord, on y va…

Fantastique Maître Renard, film d’animation adapté du roman de Roald Dahl, en salle le 17 février 2010.

dimanche 7 février 2010

The Nino’s en concert

Je vous parlais récemment du disque. Je vais à présent ramener ma fraise à propos du concert. En gros, si ça vous fatigue de lire la suite, je vous la fais courte : c’est d'la balle, foncez-y !

Pour les dur à convaincre, apprenez donc que The Nino’s sur scène, c’est un concert super pro, parfaitement rythmé, très bien mené par trois artistes convaincants, avec une belle énergie, des transitions sympa, une bonne synergie entre les musiciens.
C’est rock, c’est cow-boy comme ils disent, c’est tendre et mélancolique parfois, c’est drôle pour tout le monde, grands et petits.
Moi qui ne suis pas a priori une inconditionnelle des chansons de Nino Ferrer, j’ai trouvé là l’occasion de les réécouter, de les réentendre et de les apprécier.
Un spectacle vivant, en forme d’hommage à Nino Ferrer, que je recommande vivement à tous, de 6 à 106 ans.
The Nino's chantent Nino Ferrer, aux trois Baudets (paris 18e) le 14 février à 11h et 15h.

jeudi 4 février 2010

Michka

Normalement, il n’est plus nécessaire de présenter Michka, pauvre ours maltraité par sa petite maîtresse capricieuse qui décide un jour de se sauver, et qui part seul dans la neige et la forêt… Ce conte du Père Castor publié pour la première fois dans les années 40, est en effet un classique d’entre les classiques de la littérature jeunesse.
Je fais partie de ces gens dont le destin, n’ayons pas peur des mots, a été marqué par Michka. Plus de trente ans après sa première lecture, cette histoire me fait toujours pleurer et m’émeut profondément. Et j’ai découvert avec stupeur, il y a quelques années, que j’étais loin d’être la seule.
Est-ce une raison pour le lire aujourd’hui à nos enfants et les traumatiser à leur tour ? J’avoue que je ne mesure pas bien encore l’ensemble des effets secondaires d’une telle lecture. Je reconnais par ailleurs qu’il y flotte comme un parfum de morale chrétienne vantant les mérites du sacrifice. N’empêche, c’est viscéral, j’aime ce livre. Et je vous signale donc cette nouvelle édition toute dorée et brillante.

Michka, conte de Marie Colmont et dessins de Feodor Rojankovsky, Père castor – Flammarion, 12€.