jeudi 2 avril 2009

La sorcière de Porquerac

Etre une femme, belle, différente, faire chavirer tous les mâles de la région, connaître les plantes comme sa poche et prendre son pied à explorer les forêts… Dans un roman de D.H. Lawrence, ça donne Lady Chatterley. Mais le même trip au Moyen Âge, là, c’est carrément le mauvais plan… Parmi les petits détails de l’histoire, qu’on oublie parfois d’enseigner à l’école, le sort réservé aux femmes sous l’Inquisition mérite bien quelques romans à destination des jeunes. Les procès en sorcellerie, période sombre et peu glorieuse s’il en est de notre histoire, ont largement de quoi fournir en horreurs horribles et horrifiantes tous les auteurs de romans gores. Ce n’est cependant pas le cas de Roland Godel, qui nous épargne malgré tout les plus immondes détails ( mais que les amateurs se rassurent, il y a de quoi sérieusement déglutir à la fin), sans pour autant édulcorer la chose. L’auteur raconte tout simplement comment on devient « sorcière » à cette époque, à travers l’histoire d’une gamine de dix-sept ans, Camée, qui a la malchance de naître sur les terres d’un seigneur frustre et violent, dont le fils à moitié débile en pince pour elle. Frustrations sociales et sexuelles, omnipotence des seigneurs, conformisme, lâcheté et misère… Les ingrédients sont réunis pour faire d’une femme attirante le bouc émissaire d’une petite communauté repliée sur elle-même. De la pauvre gamine qui batifole dans les prés, au bûcher infernal, les mécanismes qui ont fait de près de 100 000 femmes des sorcières dangereuses sont très bien exposés dans ce roman.


La sorcière de Porquerac, un roman de Roland Godel, le Seuil jeunesse (collection Chapitre, conseillé à partir de 12 ans), 8,50 €.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

j'ai vraiment aimé ce roman, il est prenant, et quand on sait qu'il est inspiré d'une histoire vraie, ça donne encore plus froid dans le dos !

véronique

La jardiniériste en chef a dit…

je dirais plutôt inspiré de milliers d'histoires vraies...