dimanche 22 novembre 2009

Les lionnes

Cette intrusion au cœur de la vie sauvage nous permet de partager le destin tragique de deux lionnes, une mère et sa fille, qui quittent leur harde pour aller régler quelques comptes, du côté des hommes. Un docu-fiction animalier haletant qui dresse un portrait de lionnes fières et dignes jusqu’au bout, même quand les hyènes rodent…
Ce court récit s’arrête prudemment là où l’homme ne peut aller : dans les pensées d’un animal sauvage. Il y demeure parfois un brin d’anthropomorphisme, certes, mais comme dirait ce cher Jean de La Fontaine (cité en introduction du roman) : « Je me sers d’animaux pour instruire les hommes. »

Les lionnes, un roman de Jean-François Chabas, collection Neuf de L’école des loisirs, 7,50 €.

vendredi 20 novembre 2009

Nassim et Nassima

Plutôt que de grands discours sur les droits de l’enfant, l’accès à l’éducation et le statut des femmes dans certains pays, voici un roman.
L’histoire de Nassim et Nassima évoque en effet avec réalisme la vie des enfants de Kaboul. Ce petit roman ouvre une fenêtre sur leur vie quotidienne, faite de corvées diverses et de longues marches pour subvenir aux besoins de la famille. Nassim et Nassima, amis inséparables, se retrouvent confrontés à une triste réalité : dans leur pays, l’école est réservée à certains enfants seulement, et l’instruction, loin d’être une évidence, effraie encore beaucoup d’adultes. Les choses empirent quand les deux enfants, séparés, découvrent que les filles ont, encore moins que les garçons, la possibilité d’accéder au savoir.

Nassim et Nassima, un roman de Ingrid Thobois, illustré par Judith Gueyfier, collection Roman du monde, éditions Rue du Monde, 10,50€. Conseillé à partir de 8 ans.

jeudi 19 novembre 2009

La Convention internationale des droits de l’enfant

Vingt ans après sa ratification, l’application de la Convention internationale des droits de l’enfant est un chantier toujours en cours. Quelques livres pour méditer là-dessus ensemble...

Je serai trois milliards d’enfants

Les photos deviennent dessins et réciproquement, ces images se font écho ou se complètent, tandis que le texte rebondit sur elles, traçant ainsi le portrait d’enfants de partout, et rappelant à travers leur histoire, les 40 droits énoncés par la Convention des droits de l’enfant.

Je serai trois milliards d’enfants, d’Alain Serres et Judith Gueyfier, Rue du Monde, 25,50€.


J’ai le droit d’être un enfant

Aller à l’école, avoir un toit sur la tête, s’exprimer librement, mais aussi manger et boire, être soigné, aidé… Les principaux points de la Convention sont ici expliqués très simplement, avec juste ce qu’il faut de poésie pour les rendre encore plus parlants à l’oreille des enfants.

J’ai le droit d’être un enfant, d’Alain Serres et Aurélia Fronty, Rue du Monde, 14€.


ABC des droits de l’enfant
Ce petit cahier d’activités reprend, par ordre alphabétique, les grands principes portés par la Convention des droits de l’enfant. Une fois chaque droit expliqué avec simplicité, l’enfant est invité, par les suggestions de l’auteur, à s’en emparer, en dessinant, écrivant ou coloriant sur le cahier. Une manière ludique et interactive d’aborder le sujet, parfois complexe et abstrait.
Pour les surdoués, l’ouvrage reprend à la fin l’intégralité du texte de la Convention.

ABC des droits de l’enfant, de Christine Lesueur, Le Sorbier, en association avec Amnesty International, 10€.

mardi 17 novembre 2009

Mes deux Allemagne

Lilly, orpheline, est coincée entre deux Allemagne. D’un côté l’Ouest, où elle a grandi avec sa mère, et de l’autre la RDA où vit sa seule famille, et où elle va chercher refuge à la mort de sa mère.
Un roman poignant sur la faille qu’a provoqué le mur de Berlin au sein de nombreuses familles et du pays tout entier. Une approche tout en nuances, qui évoque notamment très bien la réalité quotidienne et les paradoxes de cette période historique.

Mes deux Allemagne, roman de Anne C. Voorhoeve, Bayard jeunesse, 11,90€

lundi 16 novembre 2009

La planète en partage

Et si on parlait du partage des richesses sur terre ? Pour cela, je vous recommande vivement ce livre documentaire, qui fait le point sur les inégalités entre les pays du Nord et ceux du Sud. Il y est question de l’esclavage, dont l’histoire est ici retracée, mais aussi des programmes actuels de l’ONU, ou encore du mouvement altermondialiste. Les conditions et les raisons de ces inégalités sont décryptées, expliquées, et mises en perspective grâce notamment à de nombreuses statistiques. Un petit manuel de géopolitique à l’usage d’enfants que l’on espère plus sages que leurs ancêtres.

La planète en partage, pays du Nord, pays du Sud, de Carina Louart, illustrations Marie de Monti, Actes Sud junior, 12,50€.

vendredi 13 novembre 2009

Bih-Bih et le Bouffron-Gouffron

Pas de doute, c’est du Ponti : truffé de créatures aux noms à coucher dehors, ça foisonne d’images, ça prend le lecteur par surprise, le livre change de format en cours de lecture, les lignes de textes s’emballent et font des virages à 90 degrés sur la page. Sur le fond aussi, Ponti emprunte des chemins déroutants. Il nous entraîne dans une histoire d’Ooïpopoille, aux confins de la fin du monde ou quelque chose dans le genre. Une quête mysti-cosmique où l’on s’initie aux mystères de la Création, où l’on croise des sortes d’amibes, de l’art brut et un Bouffron-Gouffron pas sympa du tout. Le sens profond de tout ça reste encore un peu brumeux à la première lecture. Mais ça tombe bien, puisque les Ponti se lisent au moins quarante-sept fois, c’est bien connu.

Bih-Bih et le Bouffron-Gouffron, un grand album de Claude Ponti, L’école des loisirs, 28,50€.

jeudi 12 novembre 2009

Annie du lac

Annie déprime dans sa maison qui surplombe le lac. Jusqu’au jour où elle découvre que les trois îles de ce lac sont en fait les chapeaux de trois géants qui vivent sous l’eau. Au contact de ces trois bonhommes, Annie va retrouver du sens à sa vie, et les aider à rejoindre la mer, pour qu’ils ne meurent pas. L’univers de Kitty Crowther est un peu dérangeant et puissant à la fois, en prise avec l’obscur et le terrifiant, et pourtant particulièrement lumineux.

Annie du lac, un album de Kitty Crowther, Pastel, 12,50€.
Post scriptum : Annie du lac vient de recevoir le prestigieux prix BAOBAB du Salon du livre jeunesse de Montreuil. Parce que, vous comprenez, c'est "«un album qui aborde les peurs enfouies avec une grande délicatesse». (Je vous l'avais bien dit)
Post scriptum 2 : Kitty Crowther dédicacera ses livres sur le stand de L'école des loisirs (stand H4), les dimanche 29 novembre de 10h30 à 12h30 et lundi 30 novembre de 14h à 16h. Au salon du livre de Montreuil, of course!

mercredi 11 novembre 2009

Le grand voyage de monsieur Caca

Si vous traversez une phase pipi-caca, voici une alternative qui devrait enchanter vos trolls. Les aventures de monsieur Caca permettent en effet de suivre le trajet d’une pomme, depuis son pommier, jusqu’aux WC, puis carrément – dans le deuxième tome – jusqu’à la station d’épuration et retour final au pommier.
Deux petits albums fort bien renseignés qui proposent une visite amusante et guidée de nos entrailles, intestins, et autres égouts de ville. C’est léger, intéressant, et garanti sans mauvaises odeurs.



Le grand voyage de monsieur Caca et Le nouveau voyage de monsieur Caca, de Angèle Delaunois et Marie Lafrance, éditions Les 400 coups, 6,50€.

mardi 10 novembre 2009

Les trois baudets

Si vous êtes Parisiens ou pas loin de l’être, voici mon conseil d’ami de la semaine : gardez un œil sur le programme des Trois Baudets. Depuis qu’elle a repris du service, cette salle de spectacle brille par sa programmation jeune public.


Catherine Vaniscotte y chante les Princesses oubliées ou inconnues ce mercredi 11 novembre.





Plus tard, en décembre, Pascal Parisot viendra y mettre une nouvelle fois Les pieds dans le plat.





Je note également avec délectation que l’excellent Monsieur Satie, l’homme qui avait un piano dans la tête, écrit par Carl Norac, fera l’objet d’une représentation le 25 novembre.
Rien que du bon qui fait du bien.

Clic clic clic par ici : http://www.lestroisbaudets.com/jeune_public/agenda_jeune_public/

lundi 9 novembre 2009

Moomin et la folle aventure de l’été

Je voudrais pas dire du mal, mais bon, je préfère quand même vous prévenir : ne vous emballez pas trop sur Moomin le troll au cinéma…
D’abord, personnellement, je coince sur les voix crispantes d’adultes singeant des enfants (c’est vrai que des enfants trolls, en même temps, c’est pas tout à fait des enfants comme les autres, avec tout le respect que je leur voue par ailleurs). Ensuite, on sent bien que ce long-métrage n’est en fait qu’un bricolage réalisé à partir de plusieurs court-métrages plus ou moins bien emberlificotés ensemble pour donner une illusion d’intrigue principale dans laquelle s’imbriqueraient des sous intrigues. Le résultat est plutôt confus, pas toujours très cohérent, et laisse une sensation de lenteuuuuuur très… longue.
M’est avis que sur ce coup-là, vaut mieux s’en tenir aux bouquins.

Moomin et la folle aventure de l’été, un film d’animation de Maria Lindberg, en salle le 21 octobre.
PS : sans compter le sexisme d’un autre âge qui se dissimule sournoisement entre les plans : papa Moomin lit le journal pendant que maman Moomin fait à manger (sa seule activité d’ailleurs pendant tout le film), tandis que les filles ne pensent qu’à leur coiffure et aux belles robes… Aaaargh!

jeudi 29 octobre 2009

Le tatoueur de ciel

Derrière le regard hypnotique qui ouvre cet album, se raconte une histoire sur le pouvoir et la pire façon de l’exercer. Nabo, fils de sultan, profite de l’absence de son père, parti guerroyer au loin, pour user de sa puissance auprès de son ministre et de ses serviteurs. Or, rien n’est jamais assez démesuré pour nourrir l’ego de ce prince, déterminé à devenir le plus grand de tous les souverains. Il faudra le retour du papa sultan pour remettre les pieds sur terre au sale gosse et lui donner une bonne vieille leçon de bon sens et de justice. La réédition de ce conte, publié la première fois en 2003, tombe à pic en ces temps obscurs où d’autres Nabo junior nourrissent des ambitions plus hautes qu’eux…

Le tatoueur de ciel, de Hubert Ben Kemoun, illustré par David Sala, Casterman, 13,95€.

mardi 27 octobre 2009

Panique au village

On dirait qu’on serait à la campagne et qu’il y aurait Cheval, Indien et Cowboy, et aussi leurs voisins, le fermier Steven, sa femme Janine... On dirait que Cowboy et Indien voudraient offrir un barbecue fait main à Cheval pour son anniversaire. Ils commanderaient des briques sur Internet. Mais comme ils ne sont pas très malins, ils se tromperaient dans la commande et on leur livrerait un milliard de briques ! Et alors, il y aurait plein de catastrophes, les héros se retrouveraient sur les ailes d’un pingouin géant commandé par des savants fous, puis après ils seraient prisonniers des Atlantes, et puis ils feraient une grande fête, et puis, et puis, et puis...
A la manière des enfants, lorsqu’ils s’inventent des histoires, Stéphane Aubier et Vincent Patar signent (comme d’habitude) une œuvre burlesque, loufoque, cartoonesque, poétique et terriblement absurde…
Le film met en scène de vieilles figurines en plastique. Ces indiens, cowboys et autres animaux de la ferme qui se sont fait piquer la vedette par les dinosaures et autres personnages de manga. Cela donne un petit côté figé et désuet qui tranche délicieusement avec les répliques absurdes, l’ambiance rock’n roll et les voix des personnages. Je retiens notamment les éructations de Benoit Poelvoorde dans le rôle du fermier et les susurrations langoureuses et sexy en diable de la jument, interprétée par Jeanne Balibar.
Les adultes responsables retrouveront avec délectation le plaisir du jeu, poussé au delà des limites du raisonnable. Les enfants, eux, trouveront ça sans doute assez normal, mais tout aussi réjouissant.
Bon, en gros, pour faire court : allez-y !

Panique au village, un film de Vincent Patar et Stéphane Aubier, sortie en salle le 28 octobre.

Deux livres sortent en même temps que le film :

Un album, écrit par Stéphane Malandrin, qui raconte l’histoire du film, tout en gardant un joyeux décalage et en ajoutant quelques gags entre les pages (c’est plus fort qu’eux, ces gars-là, ne sont pas sérieux).


Panique au village, album de Stéphane Malandrin, éditions Hélium, 13,90€.


et aussi :
Une BD, signée par les auteurs, à partir de scénarios originaux et donc inédits.

Panique au village, BD de Aubier, Patar et Tavier, éditions Dupuis.

mercredi 21 octobre 2009

4, 5, 6 Mélie pain d’épice

Décidément, le distributeur Folimage prend soin de nos petits. Ses programmes de courts-métrages pour enfants sont souvent plein de surprises et d’audace. 4, 5, 6 Mélie pain d’épice en est une nouvelle démonstration, avec quatre petits films tendres, drôles ou poétiques, aux images et aux graphismes innovants. J'ai bien quelques réserves sur le dernier de cette sélection, Le printemps de Mélie, dont j'ai trouvé l'intrigue longue et pas super convaincante, mais rien de déshonorant après tout, à côté de certaines catastrophes diffusées pour les enfants.
(Pour ceux qui aiment les comptes justes, cette sélection fait suite à 1,2,3 Léon, sortie l’année dernière.)

Au programme :
La leçon de natation, de Danny de Vent, Tôt ou tard, de Jadwiga Kowalska, Le joyeux petit canard, de Gili Dolev et Le printemps de Mélie, de Pierre-Luc Granjon.

4, 5, 6 Mélie pain d’épice, en salle le 21 octobre 2009.

Lucky Luke

Le mieux serait peut-être de ne même pas en parler, et laisser la grande famille médiacratique se répandre en longs bavardages sur le sujet. Mais quand même, je tenais à vous dire le fond de ma pensée : Lucky Luke, avec Jean Dujardin et toute sa clique, ne vaut pas le ticket de métro ou les millilitres d’essence nécessaires pour se rendre au cinéma. Et si le cinéma est en bas de chez vous, allez plutôt voir 4,5,6, Mélie pain d’épice. (Pour les autres, matez-vous un bon western en DVD).

Tiens, pour la peine, je ne m'enquiquine même pas à aller chercher une image.

lundi 19 octobre 2009

Introduction à la littérature de jeunesse

Un jeune homme me demandait tout récemment ce qu’on pouvait bien écrire dans un livre jeunesse, à part « le canard barbote dans la mare ». Il ne faut pas lui en vouloir, le jeune homme en question n’a pas d’enfant et n’a donc certainement plus ouvert de livre jeunesse depuis une trentaine d’années, et il est probablement amnésique (ou descendu direct du Neandertal, c’est une autre possibilité). J’ai néanmoins trouvé comment répondre avec précision à ce jeune homme, en seulement 240 pages, avec cet ouvrage universitaire fort bien documenté : Introduction à la littérature de jeunesse.
Professeure à l’université de Rennes II, l’auteure y décortique avec soin ce domaine littéraire, depuis sa dénomination, jusqu’à sa raison d’être, en passant par son histoire, ou ses contenus spécifiques.
Elle explique pourquoi, trop souvent assimilée aux livres d’éducation du début du XIXe siècle, cette littérature est parfois mal considérée des « adultes lettrés », alors qu’elle est en bien des points comparable à la Grande et Illustre Littérature générale pour les grands.
Une lecture qui rassurera les adultes de mon espèce qui adorent lire des bouquins pour enfants, même quand ils n'y sont pas obligés.

Introduction à la littérature de jeunesse, d’Isabelle Nières-Chevrel, collection Passeurs d’histoires, Didier jeunesse, 22,50€.

vendredi 16 octobre 2009

Fête du cinéma d'animation

Graineux, Graineuses, apprenez que la 8ème Fête du cinéma d'animation débute aujourd’hui sur le territoire français. Cela signifie que jusqu’au 31 octobre, des projections vont fleurir un peu partout, des réalisateurs vont venir causer avec leur public, des ateliers et des ciné-concerts vont se tenir de ci de là… Et naturellement, rien que de la bonne came à se mettre sous les yeux.
Je ne vous cacherai pas que le 28 octobre, la fête dépasse nos frontières, puisque ce sera la Journée mondiale du cinéma d’animation, véritable point d’orgue de la manifestation (ou le pompon, si vous préférez).
Et puisque nous sommes un blog culturel très informé (par le dossier de presse), c'est naturellement l'occasion de rappeler à quel point ce genre cinématographique (né en France, pardi) est en plein boom, particulièrement créatif, et qu’il suscite un véritable engouement auprès du public (parmi les 10 plus gros succès en salle de ces deux dernières années, 4 sont des films d'animation). Et la France peut se targuer d’être particulièrement dynamique dans ce domaine : 1er producteur en Europe et 3e dans le monde. Le studio Folimage n’y est pas pour rien. Ce précieux laboratoire d’animation, qui a entre autres donné vie à La prophétie des grenouilles et à Mia et le Migou, est installé dans la Drôme depuis bientôt 20 ans, et c'est justement l'invité d'honneur de cette fête. Ça se tient, non ?

Fête du cinéma d'animation, du 16 au 31 octobre, dans 400 lieux en France.

Le programme détaillé :
http://www.afca.asso.fr/spip.php?rubrique213
Le blog de l’événement :
http://afcafete.blogspot.com/

jeudi 15 octobre 2009

Kirikou et Karaba


Il y a plusieurs raisons d’emmener vos minots voir la comédie musicale Kirikou & Karaba sur scène...
  • Parce que la philosophie de l’histoire de Michel Ocelot supporte aisément le rabâchage, me semble-t-il.
  • Parce qu’il ne s’agit pas d’une plate adaptation, ou d’une nouvelle opération « je surfe sur la vague », mais bel et bien d’une création. Ocelot et son équipe exploitent merveilleusement le potentiel qu’offre une scène de théâtre : ombres chinoises, marionnette, décors, lumière, effets de matières… Le tout sobrement, sans gros artifices ni grands effets de machineries. Kirikou est ainsi une marionnette animée par trois manipulateurs qui, bien que visibles du public, s’intègrent parfaitement au spectacle.
  • Ah oui, et aussi parce que la chorégraphie et la musique sont remarquables.

Créé il y a deux ans au Casino de Paris, le spectacle est en tournée en France jusqu’à la fin de l’année.

Les dates :
Le 18 octobre à Levallois Perret, le 20 octobre à Saint Cyr, le 24 octobre au Palais des Congrès de Lyon.
Les 28, 29 et 30 octobre à Paris, au Palais des Congrès.
Les 13,14, 15 novembre à Blagnac.
Et ça continue :
18 novembre à Tours, 28 novembre à Longjumeau, 1er Décembre à Aulnay, 4 décembre à Poissy, 5 décembre à Taverny, 8 et 9 décembre à Voiron, 11 décembre à Issy-les-Moulineaux, 13 décembre à Troyes, 22 décembre à Roubaix…

Le site : http://www.kirikou-et-karaba.com/

jeudi 8 octobre 2009

Le monde de Lenny

Voilà un livre qui m’a touchée*. Bâti autour d’un personnage atypique et attachant, il raconte quelques mois de la vie de Lenny, 9 ans, un gamin que d’aucun considérerait comme hyperactif, inadapté, surdoué ou pénible, mais qui n’est finalement qu’un petit d’Homme observant, écoutant, ressentant le monde autour de lui avec acuité, lucidité et intelligence.
Dans ce roman, les dialogues prennent beaucoup de place, les choses dites signifient souvent plus qu’elles ne paraissent. Qu’on y parle de solitude, d’abandon, d’amitié, de maladie ou de la mort, l’humour et l’émotion affleurent discrètement à chaque page.
Une lecture facile, pleine de vitamines, de protéines et d’oligoéléments nécessaires à la vie. Je trouve d’ailleurs la formule de l’éditeur très juste : « Le monde de Lenny est un roman joyeux qui vous serre le cœur. »

Le monde de Lenny, un roman de Kate Banks, éditions Thierry Magnier, 8,80€.
* doux euphémisme pour parler des deux litres de larmes que j’ai versées à la fin de ma lecture.

lundi 5 octobre 2009

Déesses des elfes sur le trottoir

Quand l’enfant remarque sur le trottoir une femme grise assise par terre, il commence à s’interroger. Pourquoi lui donne-t-on des pièces ? Que fait-elle là ? Est-ce qu’elle a peur la nuit ? Et s’il lui donnait un doudou ? Autant de questions que les adultes autour de lui vont tenter d’éclairer. Un texte fort et beau, qui aborde à hauteur d’enfant le sujet des sans-abris.

Déesses des elfes sur le trottoir, de Léna Elka et Fabienne Loodts, Zoom éditions, 14€.

jeudi 1 octobre 2009

Sophie Dieuaide

Je dois vous avouer que je fais partie du fan club secret de Sophie Dieuaide. Et je m’y suis inscrite bien avant de lire la moindre ligne de cette auteure, tant j’aime le personnage. Aussi, quand je découvre le personnage – imaginaire, lui – de Chloé, gamine au caractère bien trempé, au tempérament fougueux, prête à en découdre avec tous les vilains de la terre, je ne peux m’empêcher d’entendre en écho la verve de son auteure, et de rire à son humour cinglant et pince sans rire.
Le rire n’étant pas ce qu’on trouve de plus courant dans les romans pour jeunes lecteurs, Sophie Dieuaide fait un tabac avec ses petits romans comiques, et enchaîne ces derniers temps les séries.


Les enquêtes de Chloé, est l’une d’entre elles, qui revisite avec humour les figures traditionnelles de l’enquête policière. Le sixième titre de la série, C’est sombre une forêt la nuit… se passe ainsi dans une colo au milieu des bois, vous savez quand on se raconte des histoires atroces le soir au coin du feu, pour se faire peur…




La vie héroïque d’Antoine Lebic est une autre série, qui raconte, elle, les tribulations du charmant petit Antoine, gamin charismatique ne reculant devant rien. Dans Le scoop du siècle, il découvre les joies et les pièges du journalisme d’investigation.
Et pour vous dire à quel point cet Antoine vaut le détour, voyez ce qu’écrit son auteure à son sujet :
« Parmi mes personnages, Antoine Lebic est tout près d’être mon préféré. Extraverti, joyeux, égocentrique, un rien menteur et d’une mauvaise foi chronique… je n’ai jamais inventé un héros qui me ressemble autant ! » S.D.



C’est sombre une forêt la nuit…, les enquêtes de Chloé, un roman de Sophie Dieuaide, illustré par Alberto Pagliaro, Casterman Cadet. Conseillé à partir de 8 ans.

Le scoop du siècle, La vie héroïque d’Antoine Lebic, roman de Sophie Dieuaide, illustré par Jacques Azam, Casterman Cadet. Conseillé à partir de 8 ans.

Le site de Sophie Dieuaide: http://www.sophie-dieuaide.com/

mardi 29 septembre 2009

Le Petit Nicolas












Le petit Nicolas se persuade, selon une théorie des plus douteuses, qu’il va bientôt avoir un petit frère. Persuadé que ses parents vont en profiter pour l’abandonner, comme le Petit Poucet, le gamin, avec l’aide de sa bande de copains, met au point une suite de stratégies abracadabrantes pour renverser le sort…
Nous voilà donc replongés dans un monde où les filles et les garçons ne se mélangeaient pas à l’école, où les femmes ne savaient pas conduire et où leur émancipation n’allait pas encore de soi. Un monde où l’arrivée d’une télé dans la maison était un événement, un monde où l’innocence régnait encore dans les cours et arrière-cours d’école. Autrement dit, nous voilà bien dans l’univers des années 50-60 de Goscinny et Sempé. L’adaptation, gaie et chaleureuse, a su préserver ce même brin de fantaisie, la même sensation assez douce d’un monde préservé, où malgré leurs faiblesses, les personnages sont tous attachants. Sauf peut-être Bouillon, le surveillant général aux allures et à l’amabilité militaires.
On y retrouve aussi la même dérision sympathique et le regard espiègle porté sur la famille, l’école, ou le monde de l’entreprise. Les personnages sont délicieux : personnellement, j’ai un gros faible pour Clotaire, le cancre de la classe, qui est absolument parfait ! Quant au couple Valérie Lemercier et Kad Merad, il fonctionne à merveille.
Le tout, sans message lourdingue planqué entre les lignes du scénario, comme on pouvait en trouver dans Les choristes. On reste là dans la légèreté, le clin d’œil et la gentille comédie familiale. Moi, je dis : un bon point pour Le petit Nicolas.

Le petit Nicolas, un film de Laurent Tirard, en salle le 30 septembre.

lundi 28 septembre 2009

Les refrains des gamins – ITW de Gilles Avisse

(photo : Nadine Jehl)

Comme je tiens un blog très sérieux, et que j’ai attrapé la manie des interviews, je vous livre aujourd’hui les propos de Gilles Avisse, programmateur des Refrains des gamins pour le Festi’Val de Marne, qui a lieu cette année du 1er au 18 octobre. Un festival qui n’est rien moins que THE place to be pour tout chanteur jeune public qui se respecte.


Depuis onze ans, Gilles Avisse recrute donc ce qui se fait de plus enthousiasmant dans le monde des spectacles musicaux pour enfants...

Comment sélectionnez-vous les artistes ?
Gilles Avisse
: "Je vais les voir, j’assiste à leurs spectacles, je suis tout le temps aux aguets, à l’affut, j’épluche les saisons dans les théâtres, je reçois des disques. Quand je vais voir un spectacle, j’y vais avec mes yeux d’adulte et aussi avec mes yeux d’enfant. Et voilà, il faut que les deux soient séduits."

Vous leur donnez parfois de vrais coups de pouce…
Gilles Avisse :
"Parfois, en écoutant un disque, je me dis, tiens, ça pourrait faire un joli spectacle, est-ce que ça existe ? Et si ça n’existe pas nous avons des aides à la création. Il nous arrive d’être coproducteur de spectacles. Tous les ans, on en aide deux ou trois. C’est le cas cette année de la compagnie Comme sur des roulettes, avec son spectacle Rex a des ennuis."

Parmi les spectacles que vous avez aidés, il y a eu les superbes Chansons pour les petites oreilles, d’Elise Caron…
Gilles Avisse :
"Oui, c’était même une commande du festival. J’étais tombé sur un livre dont j’étais tombé amoureux : Tout un monde. Je me disais que cet imagier de Kathy Couperie et Antonin Louchard aurait pu faire un joli disque. Elise Caron a pris ce point de départ pour faire sa création. Le spectacle Chansons pour les petites oreilles a beaucoup tourné depuis, et a également fait un super beau disque. Ça a été une belle aventure et une belle rencontre."

Comment définiriez-vous la scène jeune public ?
Gilles Avisse : "Je la définirais comme éclectique. Il y a une multiplicité d’univers singuliers, d’hommes et de femmes qui offrent leur imaginaire, leur personnalité et le meilleur d’eux-mêmes aux enfants. Des univers singuliers et en même temps très professionnels, très recherchés. C’est aussi de la musique et de la chanson pour toute la famille. Les parents ne s’ennuient pas. Ce sont de vrais bons spectacles, pas des spectacles au rabais, où seuls les enfants trouvent leur compte."

Avez-vous noté une évolution ?
Gilles Avisse :
"Depuis une quinzaine d’année, ça a beaucoup évolué, les spectacles sont devenus très professionnels. Le petit truc « gling gling gling », une guitare une marionnette, ça n’existe plus. En tout cas, pas sous la forme improvisée qu’on a tous pu connaître quand on était élève à l’école ! Il y a une vraie exigence des artistes sur la musique, sur l’écriture, sur ce qu’ils veulent montrer."

Il y a une vraie créativité, aujourd’hui ?
Gilles Avisse :
"Il y a quelques années, on allait beaucoup en Belgique pour voir des spectacles de chansons. Il y avait plein de gens qui émergeaient et qui faisaient des trucs super. Il y en a toujours, mais maintenant, c’est vraiment en France que ça se passe.
L’économie du spectacle jeune publique n’est pas la même que celle du spectacle adulte, ça se fait avec beaucoup moins de sous, mais je trouve que c’est souvent avec beaucoup plus d’invention."


Gilles Avisse participe régulièrement à l’émission Ecoute ! Il y a un éléphant dans le jardin, tous les mercredis de 10h à 12h, sur la radio Aligre fm (93.1)
Ou là : http://aligrefm.free.fr/spip/spip.php?article24

dimanche 27 septembre 2009

Les refrains des gamins


Depuis quelques années, les grands festivals de chanson se sont pris d’amour pour le jeune public. Les Francofolies, le festival de Montauban, et même Rock en Seine, tous ont ajouté à leur programmation adulte des artistes pour les minots. On va pas se plaindre. Mais on va rendre au Festi’Val de Marne ce qui est au Festi’Val de Marne, puisque ce festival de chanson française fait ça depuis déjà 23 ans.
Et voilà le résultat : du 1er au 18 octobre, pas moins de 17 artistes pour jeune public sont ainsi programmés, dans treize villes du département (du Val de Marne, pour ceux qui ne suivent pas). Cela s’appelle Les Refrains des gamins, et vous y trouverez ce qui se fait de mieux dans le genre.

Et poignée de cerises sur la pièce montée, apprenez que toutes les places, adulte, enfant, ado, martien, etc, sont à 5 euros, pas un centime de plus!


Petit survol rapide et non exhaustif de ce que vous pouvez aller écouter :

Sophie Forte et son spectacle J’suis vert
L’increvable Henri Dès
Le dernier spectacle d’Alain Schneider
Abel
et son chocobelou qui fait du bien partout
Les Nino’s et leur spectacle de reprises de Nino Ferrer
Les ZUT, qu’on ne présente plus.
Pascal Parisot, qui n’arrête plus de mettre les pieds dans le plat.
Peter & Lupus, un spectacle musical d’impro jazz et de soundpainting autour du conte Pierre et le loup.
Geneviève Laloy, dont je vous causais il y a quelques temps.
Un groupe de rockeurs répondant au doux sobriquet de Ministère de la jeunesse et de la magouille, avec un spectacle au nom tout aussi prometteur : Ecoute ta mère et mange ton short.

Et tout plein d’autres bonnes choses à dénicher sur : http://www.festivaldemarne.org/


Festi'Val de Marne, Les refrains des gamins, du 1er au 18 octobre dans 13 villes du Val de Marne. Entrée des spectacles : 5€.

mardi 22 septembre 2009

Graine de Bouddha


Un oubli de ma part : je ne vous ai pas parlé de cet album coréen tout doux, plein de sagesse et de philosophie bouddhiste (paru l'année dernière).
En quelques tableaux, laissant une grande place à la nature, le livre reprend quelques uns des principes bouddhistes en les expliquant tout simplement, à travers le dialogue entre un petit bonze et l'adulte qui l'initie. En voici un aperçu:

« Pour les bonzes, une bougie est plus précieuse qu’un diamant.
Pourquoi ?
Parce que la bougie se sacrifie pour éclairer les autres. »

« Même une simple pierre, les bonzes ne la déplacent pas sans y réfléchir longuement.
Pourquoi ?
Parce que tout se trouve déjà à la place qui lui convient. »

Et celui-ci, qui pourrait bien devenir la devise de Graines de mômes :

« Lorsque des graines s’accrochent à leurs vêtements, les bonzes ne les enlèvent pas.
Pourquoi ?
Parce qu’ils savent qu’elles souhaitent être transportées ailleurs. »

C’est beau, reposant et nul doute qu’il y a là de quoi faire germer de jolies pensées dans la tête de nos enfants.

Graine de Bouddha, de Kim Jong-sang, illustré par Kim Jae-hong, Picquier jeunesse, 13,90€.

lundi 21 septembre 2009

Pierre et le loup

J’avoue, je pensais en avoir fait le tour. Ras l’bonnet de Pierre et son loup, du grand-père ronchon (padaaaam padaaaam !) et du coin-coin du canard à l’agonie !
Mais bon, comme je suis dotée d’une bonne nature, j’ai tout de même pris la peine de consacrer 33 minutes supplémentaires de ma vie au conte de Prokofiev. J’ai donc regardé l’adaptation en film d’animation qu’en a fait l’Anglaise Suzie Templeton. Et me voilà bien obligée d’ajouter ma petite voix au chœur de louanges que provoque ce superbe court-métrage. La réalisatrice a resitué l’histoire du gamin désobéissant dans la Russie rurale du début du XXe siècle. Tout en respectant la version originale, elle l’a enrichie de trouvailles originales, souvent drôles (comme l’oiseau qui n’arrive pas à voler), et a su ainsi donner aux personnages une profondeur psychologique inédite et particulièrement savoureuse.

Pierre et le loup, réalisé en 2006 par Suzie Templeton, sort au cinéma le 23 septembre, ainsi qu’en DVD, chez Arte éditions (14,99€)

Pour la bande annonce, c'est là : http://www.youtube.com/watch?v=9Bt4HgQm7dk

samedi 19 septembre 2009

Sophie Forte – L’interview

Graines de mômes a tendu son antique dictaphone à piles à Sophie Forte, humoriste, comédienne et désormais chanteuse pour petits d’Homme.
Voilà ce qu’il en a retenu (le dictaphone)…

Déprime, chômage et disputes…
"Ce que j’ai envie d’apporter aux enfants, si je puis me permettre d’apporter quelque chose, ce sont des thèmes dont on ne leur parle pas facilement. J’ai remarqué que l’enfant, quand il a un souci, ou si quelque chose l’affecte, il a l’impression qu’il est tout seul à le vivre. Du coup ça prend une ampleur énorme. Un divorce, un moment de déprime, un papa au chômage, les disputes entre les parents, la mort du grand-père, etc., ils ont l’impression d’être un peu exclu à chaque fois qu’ils vivent quelque chose de difficile. L’idée c’est de banaliser les sujets graves."

« Grand-père est mort, c’est affreux »
"Les enfants se sentent concernés parce que ça leur parle. Les parents, ça les soulage, ils sont très contents parce qu’on aborde ces thèmes. Personne n’a jamais été choqué car tout mon art (rires) est de réussir à dire ces choses avec légèreté. Evidemment, je ne vais pas les plomber en leur disant « Grand-père est mort, c’est affreux ». J’essaie de prendre ça avec humour et légèreté."

Le loup dans la forêt…
"Au départ, je ne me suis pas dit j’ai un message à faire passer, c’est ma façon d’écrire. Moi je suis incapable d’écrire l’histoire du loup dans la forêt. Incapable ! Je ne peux même pas essayer, ça ne me vient pas à l’idée ! En revanche, ce qui me vient facilement, ce sont les choses de la vie quotidienne. Ça me parle. J’ai trois gamins, je les vois évoluer, et j’essaie toujours de me mettre à leur place. Et ce qui est extraordinaire, c’est que je me revois penser ce que je pensais quand j’étais petite fille. Ça me fait un bien fou, c’est aussi libérateur pour moi."

« Mais chante-les, tes chansons ! »
"Quand j’ai démarré, j’écrivais pour mes enfants. Je n’avais pas du tout l’intention d’en faire un spectacle. C’est mon attachée de presse qui m’a dit : « Mais chante-les, tes chansons ! Pourquoi les garder juste pour tes enfants ? » Moi je ne voulais pas y aller, parce que j’avais hyper la trouille de chanter devant des enfants."


Comme la vie bascule parfois…
"Ça fait dix ans qu’on travaille ensemble, Antoine [Sahler] et moi. On était célibataires pendant des années, on ne s’intéressait pas du tout aux gamins avant d’en avoir ! C’était pas du tout mon truc, je ne pensais qu’à bosser, à faire la fête… Je me demandais même si j’allais en avoir un jour, parce que je ne me sentais pas attirée par les enfants. Je commençais à avoir 35, 36, 37, 38… et je me disais, tant pis, si je n’en fais pas, c’est la vie, c’est comme ça… Je n’aurais jamais cru me retrouver avec une famille nombreuse. Après, j’ai basculé et dans mon travail aussi par la même occasion. Ça a chamboulé toute ma vie. C’est marrant comme la vie bascule parfois."

Un milieu de galopins
"Pour faire des choses avec les enfants, il faut quelque part être resté enfant. C’est pour ça que ce milieu est intéressant : on y rencontre beaucoup de gens qui sont restés des galopins. Ça ne ressemble pas à ce que je connaissais à la télé ou à la radio, où tout le monde a les dents longues et essaie d’écraser l’autre. Quand on croise des gens qui font des festivals pour enfants, il y a quelque chose de très charmant chez eux, ils ont gardé l’enfance, et j’adore ça !"

(Photos : Hélène Biensa)

vendredi 18 septembre 2009

Sophie Forte – J’suis vert

Pas de clinquant ou d’esbroufe dans ce spectacle. Sophie Forte entre sur scène comme dans son salon, et illumine aussitôt la salle d’un sourire contagieux, entier, qui paraît sincère. Sans plus de manières, elle se met à secouer des maracas, puis, joueuse, pique celles d’Antoine, son compagnon de scène. Plus tard, elle essaie de faire pousser une flûte dans un pot de fleur, et
s’inquiète toutes les trois minutes de faire du mal à la terre, s’agenouillant, honteuse, et reprenant sa ritournelle : j’suis vert ! j’suis vert…
Le spectacle de Sophie Forte pourrait être un hymne à la simplicité. Un petit show grandeur nature, sans fards, mais avec beaucoup de douceur et d’humour. A ses côtés, au piano, Antoine (Sahler) – personnage dégingandé, bricolo et joue-à-tout – lui donne la réplique et fait office de grand frère moqueur et attachant.
Avec sa voix étonnante (très aigüe) et parfaite pour l’emploi, la chanteuse a percé l’art des rengaines, facilement reprises par les enfants (j’ai d’ailleurs assisté à une reprise de La girouette par le public très émouvante). Le genre d’airs qui deviennent entêtants après quelques écoutes seulement…
Les thèmes sont variés, très ancrés dans l’actualité et le monde contemporain : religion, écologie, divorce, adoption… Des sujets graves, mais toujours traités avec suffisamment de dérision pour ne pas plomber l’ambiance.

Et comme Graines de Mômes est un blog plein de surprises incroyables et fantasticuleuses, figurez-vous que j’ai dans ma poche une interview de Madame Forte en personne, que je vais vous balancer en ligne dès demain, histoire de créer un peu d’attente et de frustration autour de moi.

En attendant, pour connaître les dates de tournée de ses deux spectacles J’suis vert et Maman dit qu’il ne faut pas, cliquez donc là : http://www.sophie-forte.com/dates.html

Ah oui, et il y a aussi un disque : J’suis vert, Victorie Music, 15€.

jeudi 17 septembre 2009

Journal d’un dégonflé

Dans ce deuxième tome du journal de Greg Heffley, nous voici confrontés à un monde totalement immoral : le grand frère de Greg lui fait subir un chantage ignoble, sans jamais se faire prendre (et accessoirement joue aussi dans un groupe de heavy metal). Greg lui-même persécute son copain Robert, un type un peu bêta, qui se laisse généralement faire sans rien comprendre.
Le livre regorge de bêtises à ne plus savoir qu’en faire, de gags excellents, d’idées d’une naïveté confondante parfois, le tout mêlé à un sens diabolique de la manipulation.
Ajoutez à cela des punitions qui pleuvent, une maman très portée sur la psychologie, qui teste sur ses enfants des théories de pédagogie alternative… Bref, un univers familial américain dépeint avec une certaine finesse d’esprit et beaucoup d’humour.

Journal d’un dégonflé, Rodrick fait sa loi, roman illustré de Jeff Kinney, éditions du Seuil, 9,95€.

mercredi 16 septembre 2009

Un tout petit pois


C’est l’histoire d’un petit pois. C’est tout. Un bête petit pois, rond et vert, qui nait, découvre son environnement, grandit, explore un peu plus loin, et finit par découvrir un monde vaste et infini.
L’évolution du petit pois est figurée par des formes géométriques simples aux couleurs vives et aux traits bruts. Ces illustrations minimalistes, symboliques, devraient faire turbiner les petits lecteurs et leur permettre de découvrir un autre rapport possible entre texte et image.
En résumé, voilà un petit pois audacieux, qui fait marcher la tête et l'imagination, qui surprend et qui réjouit.

Un tout petit pois, album de Stéphane Servant, éditions Rue du monde, 14€.

mardi 15 septembre 2009

Aagun


Trop fort cet illustrateur, il arriverait presque à nous faire croire qu’il suffit d’un seul coup de pinceau, et hop ! mesdames et messieurs, voici une splendide image, sous vos yeux émerveillés!
A grand renfort d’encre de Chine, l’époustouflant Dedieu jette sur le blanc du papier des espèces de grosses taches noires en mouvement, sur lesquelles se découpent de fines silhouettes, inspirées de la calligraphie chinoise. Un univers noir et blanc minimaliste et puissant, qui illustre une histoire elle aussi déroutante, d’une guerre entre deux tribus qui se règle de bien étrange façon.

Aagun, un album signé Dedieu, aux éditions du Seuil, 15 €.

Si vous n’êtes pas encore tombé en pâmoison devant l’une des œuvres de cet illustrateur, il est temps de découvrir Thierry Dedieu, nom de… http://www.thierrydedieu.com/