lundi 5 octobre 2009

Déesses des elfes sur le trottoir

Quand l’enfant remarque sur le trottoir une femme grise assise par terre, il commence à s’interroger. Pourquoi lui donne-t-on des pièces ? Que fait-elle là ? Est-ce qu’elle a peur la nuit ? Et s’il lui donnait un doudou ? Autant de questions que les adultes autour de lui vont tenter d’éclairer. Un texte fort et beau, qui aborde à hauteur d’enfant le sujet des sans-abris.

Déesses des elfes sur le trottoir, de Léna Elka et Fabienne Loodts, Zoom éditions, 14€.

jeudi 1 octobre 2009

Sophie Dieuaide

Je dois vous avouer que je fais partie du fan club secret de Sophie Dieuaide. Et je m’y suis inscrite bien avant de lire la moindre ligne de cette auteure, tant j’aime le personnage. Aussi, quand je découvre le personnage – imaginaire, lui – de Chloé, gamine au caractère bien trempé, au tempérament fougueux, prête à en découdre avec tous les vilains de la terre, je ne peux m’empêcher d’entendre en écho la verve de son auteure, et de rire à son humour cinglant et pince sans rire.
Le rire n’étant pas ce qu’on trouve de plus courant dans les romans pour jeunes lecteurs, Sophie Dieuaide fait un tabac avec ses petits romans comiques, et enchaîne ces derniers temps les séries.


Les enquêtes de Chloé, est l’une d’entre elles, qui revisite avec humour les figures traditionnelles de l’enquête policière. Le sixième titre de la série, C’est sombre une forêt la nuit… se passe ainsi dans une colo au milieu des bois, vous savez quand on se raconte des histoires atroces le soir au coin du feu, pour se faire peur…




La vie héroïque d’Antoine Lebic est une autre série, qui raconte, elle, les tribulations du charmant petit Antoine, gamin charismatique ne reculant devant rien. Dans Le scoop du siècle, il découvre les joies et les pièges du journalisme d’investigation.
Et pour vous dire à quel point cet Antoine vaut le détour, voyez ce qu’écrit son auteure à son sujet :
« Parmi mes personnages, Antoine Lebic est tout près d’être mon préféré. Extraverti, joyeux, égocentrique, un rien menteur et d’une mauvaise foi chronique… je n’ai jamais inventé un héros qui me ressemble autant ! » S.D.



C’est sombre une forêt la nuit…, les enquêtes de Chloé, un roman de Sophie Dieuaide, illustré par Alberto Pagliaro, Casterman Cadet. Conseillé à partir de 8 ans.

Le scoop du siècle, La vie héroïque d’Antoine Lebic, roman de Sophie Dieuaide, illustré par Jacques Azam, Casterman Cadet. Conseillé à partir de 8 ans.

Le site de Sophie Dieuaide: http://www.sophie-dieuaide.com/

mardi 29 septembre 2009

Le Petit Nicolas












Le petit Nicolas se persuade, selon une théorie des plus douteuses, qu’il va bientôt avoir un petit frère. Persuadé que ses parents vont en profiter pour l’abandonner, comme le Petit Poucet, le gamin, avec l’aide de sa bande de copains, met au point une suite de stratégies abracadabrantes pour renverser le sort…
Nous voilà donc replongés dans un monde où les filles et les garçons ne se mélangeaient pas à l’école, où les femmes ne savaient pas conduire et où leur émancipation n’allait pas encore de soi. Un monde où l’arrivée d’une télé dans la maison était un événement, un monde où l’innocence régnait encore dans les cours et arrière-cours d’école. Autrement dit, nous voilà bien dans l’univers des années 50-60 de Goscinny et Sempé. L’adaptation, gaie et chaleureuse, a su préserver ce même brin de fantaisie, la même sensation assez douce d’un monde préservé, où malgré leurs faiblesses, les personnages sont tous attachants. Sauf peut-être Bouillon, le surveillant général aux allures et à l’amabilité militaires.
On y retrouve aussi la même dérision sympathique et le regard espiègle porté sur la famille, l’école, ou le monde de l’entreprise. Les personnages sont délicieux : personnellement, j’ai un gros faible pour Clotaire, le cancre de la classe, qui est absolument parfait ! Quant au couple Valérie Lemercier et Kad Merad, il fonctionne à merveille.
Le tout, sans message lourdingue planqué entre les lignes du scénario, comme on pouvait en trouver dans Les choristes. On reste là dans la légèreté, le clin d’œil et la gentille comédie familiale. Moi, je dis : un bon point pour Le petit Nicolas.

Le petit Nicolas, un film de Laurent Tirard, en salle le 30 septembre.

lundi 28 septembre 2009

Les refrains des gamins – ITW de Gilles Avisse

(photo : Nadine Jehl)

Comme je tiens un blog très sérieux, et que j’ai attrapé la manie des interviews, je vous livre aujourd’hui les propos de Gilles Avisse, programmateur des Refrains des gamins pour le Festi’Val de Marne, qui a lieu cette année du 1er au 18 octobre. Un festival qui n’est rien moins que THE place to be pour tout chanteur jeune public qui se respecte.


Depuis onze ans, Gilles Avisse recrute donc ce qui se fait de plus enthousiasmant dans le monde des spectacles musicaux pour enfants...

Comment sélectionnez-vous les artistes ?
Gilles Avisse
: "Je vais les voir, j’assiste à leurs spectacles, je suis tout le temps aux aguets, à l’affut, j’épluche les saisons dans les théâtres, je reçois des disques. Quand je vais voir un spectacle, j’y vais avec mes yeux d’adulte et aussi avec mes yeux d’enfant. Et voilà, il faut que les deux soient séduits."

Vous leur donnez parfois de vrais coups de pouce…
Gilles Avisse :
"Parfois, en écoutant un disque, je me dis, tiens, ça pourrait faire un joli spectacle, est-ce que ça existe ? Et si ça n’existe pas nous avons des aides à la création. Il nous arrive d’être coproducteur de spectacles. Tous les ans, on en aide deux ou trois. C’est le cas cette année de la compagnie Comme sur des roulettes, avec son spectacle Rex a des ennuis."

Parmi les spectacles que vous avez aidés, il y a eu les superbes Chansons pour les petites oreilles, d’Elise Caron…
Gilles Avisse :
"Oui, c’était même une commande du festival. J’étais tombé sur un livre dont j’étais tombé amoureux : Tout un monde. Je me disais que cet imagier de Kathy Couperie et Antonin Louchard aurait pu faire un joli disque. Elise Caron a pris ce point de départ pour faire sa création. Le spectacle Chansons pour les petites oreilles a beaucoup tourné depuis, et a également fait un super beau disque. Ça a été une belle aventure et une belle rencontre."

Comment définiriez-vous la scène jeune public ?
Gilles Avisse : "Je la définirais comme éclectique. Il y a une multiplicité d’univers singuliers, d’hommes et de femmes qui offrent leur imaginaire, leur personnalité et le meilleur d’eux-mêmes aux enfants. Des univers singuliers et en même temps très professionnels, très recherchés. C’est aussi de la musique et de la chanson pour toute la famille. Les parents ne s’ennuient pas. Ce sont de vrais bons spectacles, pas des spectacles au rabais, où seuls les enfants trouvent leur compte."

Avez-vous noté une évolution ?
Gilles Avisse :
"Depuis une quinzaine d’année, ça a beaucoup évolué, les spectacles sont devenus très professionnels. Le petit truc « gling gling gling », une guitare une marionnette, ça n’existe plus. En tout cas, pas sous la forme improvisée qu’on a tous pu connaître quand on était élève à l’école ! Il y a une vraie exigence des artistes sur la musique, sur l’écriture, sur ce qu’ils veulent montrer."

Il y a une vraie créativité, aujourd’hui ?
Gilles Avisse :
"Il y a quelques années, on allait beaucoup en Belgique pour voir des spectacles de chansons. Il y avait plein de gens qui émergeaient et qui faisaient des trucs super. Il y en a toujours, mais maintenant, c’est vraiment en France que ça se passe.
L’économie du spectacle jeune publique n’est pas la même que celle du spectacle adulte, ça se fait avec beaucoup moins de sous, mais je trouve que c’est souvent avec beaucoup plus d’invention."


Gilles Avisse participe régulièrement à l’émission Ecoute ! Il y a un éléphant dans le jardin, tous les mercredis de 10h à 12h, sur la radio Aligre fm (93.1)
Ou là : http://aligrefm.free.fr/spip/spip.php?article24

dimanche 27 septembre 2009

Les refrains des gamins


Depuis quelques années, les grands festivals de chanson se sont pris d’amour pour le jeune public. Les Francofolies, le festival de Montauban, et même Rock en Seine, tous ont ajouté à leur programmation adulte des artistes pour les minots. On va pas se plaindre. Mais on va rendre au Festi’Val de Marne ce qui est au Festi’Val de Marne, puisque ce festival de chanson française fait ça depuis déjà 23 ans.
Et voilà le résultat : du 1er au 18 octobre, pas moins de 17 artistes pour jeune public sont ainsi programmés, dans treize villes du département (du Val de Marne, pour ceux qui ne suivent pas). Cela s’appelle Les Refrains des gamins, et vous y trouverez ce qui se fait de mieux dans le genre.

Et poignée de cerises sur la pièce montée, apprenez que toutes les places, adulte, enfant, ado, martien, etc, sont à 5 euros, pas un centime de plus!


Petit survol rapide et non exhaustif de ce que vous pouvez aller écouter :

Sophie Forte et son spectacle J’suis vert
L’increvable Henri Dès
Le dernier spectacle d’Alain Schneider
Abel
et son chocobelou qui fait du bien partout
Les Nino’s et leur spectacle de reprises de Nino Ferrer
Les ZUT, qu’on ne présente plus.
Pascal Parisot, qui n’arrête plus de mettre les pieds dans le plat.
Peter & Lupus, un spectacle musical d’impro jazz et de soundpainting autour du conte Pierre et le loup.
Geneviève Laloy, dont je vous causais il y a quelques temps.
Un groupe de rockeurs répondant au doux sobriquet de Ministère de la jeunesse et de la magouille, avec un spectacle au nom tout aussi prometteur : Ecoute ta mère et mange ton short.

Et tout plein d’autres bonnes choses à dénicher sur : http://www.festivaldemarne.org/


Festi'Val de Marne, Les refrains des gamins, du 1er au 18 octobre dans 13 villes du Val de Marne. Entrée des spectacles : 5€.

mardi 22 septembre 2009

Graine de Bouddha


Un oubli de ma part : je ne vous ai pas parlé de cet album coréen tout doux, plein de sagesse et de philosophie bouddhiste (paru l'année dernière).
En quelques tableaux, laissant une grande place à la nature, le livre reprend quelques uns des principes bouddhistes en les expliquant tout simplement, à travers le dialogue entre un petit bonze et l'adulte qui l'initie. En voici un aperçu:

« Pour les bonzes, une bougie est plus précieuse qu’un diamant.
Pourquoi ?
Parce que la bougie se sacrifie pour éclairer les autres. »

« Même une simple pierre, les bonzes ne la déplacent pas sans y réfléchir longuement.
Pourquoi ?
Parce que tout se trouve déjà à la place qui lui convient. »

Et celui-ci, qui pourrait bien devenir la devise de Graines de mômes :

« Lorsque des graines s’accrochent à leurs vêtements, les bonzes ne les enlèvent pas.
Pourquoi ?
Parce qu’ils savent qu’elles souhaitent être transportées ailleurs. »

C’est beau, reposant et nul doute qu’il y a là de quoi faire germer de jolies pensées dans la tête de nos enfants.

Graine de Bouddha, de Kim Jong-sang, illustré par Kim Jae-hong, Picquier jeunesse, 13,90€.

lundi 21 septembre 2009

Pierre et le loup

J’avoue, je pensais en avoir fait le tour. Ras l’bonnet de Pierre et son loup, du grand-père ronchon (padaaaam padaaaam !) et du coin-coin du canard à l’agonie !
Mais bon, comme je suis dotée d’une bonne nature, j’ai tout de même pris la peine de consacrer 33 minutes supplémentaires de ma vie au conte de Prokofiev. J’ai donc regardé l’adaptation en film d’animation qu’en a fait l’Anglaise Suzie Templeton. Et me voilà bien obligée d’ajouter ma petite voix au chœur de louanges que provoque ce superbe court-métrage. La réalisatrice a resitué l’histoire du gamin désobéissant dans la Russie rurale du début du XXe siècle. Tout en respectant la version originale, elle l’a enrichie de trouvailles originales, souvent drôles (comme l’oiseau qui n’arrive pas à voler), et a su ainsi donner aux personnages une profondeur psychologique inédite et particulièrement savoureuse.

Pierre et le loup, réalisé en 2006 par Suzie Templeton, sort au cinéma le 23 septembre, ainsi qu’en DVD, chez Arte éditions (14,99€)

Pour la bande annonce, c'est là : http://www.youtube.com/watch?v=9Bt4HgQm7dk

samedi 19 septembre 2009

Sophie Forte – L’interview

Graines de mômes a tendu son antique dictaphone à piles à Sophie Forte, humoriste, comédienne et désormais chanteuse pour petits d’Homme.
Voilà ce qu’il en a retenu (le dictaphone)…

Déprime, chômage et disputes…
"Ce que j’ai envie d’apporter aux enfants, si je puis me permettre d’apporter quelque chose, ce sont des thèmes dont on ne leur parle pas facilement. J’ai remarqué que l’enfant, quand il a un souci, ou si quelque chose l’affecte, il a l’impression qu’il est tout seul à le vivre. Du coup ça prend une ampleur énorme. Un divorce, un moment de déprime, un papa au chômage, les disputes entre les parents, la mort du grand-père, etc., ils ont l’impression d’être un peu exclu à chaque fois qu’ils vivent quelque chose de difficile. L’idée c’est de banaliser les sujets graves."

« Grand-père est mort, c’est affreux »
"Les enfants se sentent concernés parce que ça leur parle. Les parents, ça les soulage, ils sont très contents parce qu’on aborde ces thèmes. Personne n’a jamais été choqué car tout mon art (rires) est de réussir à dire ces choses avec légèreté. Evidemment, je ne vais pas les plomber en leur disant « Grand-père est mort, c’est affreux ». J’essaie de prendre ça avec humour et légèreté."

Le loup dans la forêt…
"Au départ, je ne me suis pas dit j’ai un message à faire passer, c’est ma façon d’écrire. Moi je suis incapable d’écrire l’histoire du loup dans la forêt. Incapable ! Je ne peux même pas essayer, ça ne me vient pas à l’idée ! En revanche, ce qui me vient facilement, ce sont les choses de la vie quotidienne. Ça me parle. J’ai trois gamins, je les vois évoluer, et j’essaie toujours de me mettre à leur place. Et ce qui est extraordinaire, c’est que je me revois penser ce que je pensais quand j’étais petite fille. Ça me fait un bien fou, c’est aussi libérateur pour moi."

« Mais chante-les, tes chansons ! »
"Quand j’ai démarré, j’écrivais pour mes enfants. Je n’avais pas du tout l’intention d’en faire un spectacle. C’est mon attachée de presse qui m’a dit : « Mais chante-les, tes chansons ! Pourquoi les garder juste pour tes enfants ? » Moi je ne voulais pas y aller, parce que j’avais hyper la trouille de chanter devant des enfants."


Comme la vie bascule parfois…
"Ça fait dix ans qu’on travaille ensemble, Antoine [Sahler] et moi. On était célibataires pendant des années, on ne s’intéressait pas du tout aux gamins avant d’en avoir ! C’était pas du tout mon truc, je ne pensais qu’à bosser, à faire la fête… Je me demandais même si j’allais en avoir un jour, parce que je ne me sentais pas attirée par les enfants. Je commençais à avoir 35, 36, 37, 38… et je me disais, tant pis, si je n’en fais pas, c’est la vie, c’est comme ça… Je n’aurais jamais cru me retrouver avec une famille nombreuse. Après, j’ai basculé et dans mon travail aussi par la même occasion. Ça a chamboulé toute ma vie. C’est marrant comme la vie bascule parfois."

Un milieu de galopins
"Pour faire des choses avec les enfants, il faut quelque part être resté enfant. C’est pour ça que ce milieu est intéressant : on y rencontre beaucoup de gens qui sont restés des galopins. Ça ne ressemble pas à ce que je connaissais à la télé ou à la radio, où tout le monde a les dents longues et essaie d’écraser l’autre. Quand on croise des gens qui font des festivals pour enfants, il y a quelque chose de très charmant chez eux, ils ont gardé l’enfance, et j’adore ça !"

(Photos : Hélène Biensa)

vendredi 18 septembre 2009

Sophie Forte – J’suis vert

Pas de clinquant ou d’esbroufe dans ce spectacle. Sophie Forte entre sur scène comme dans son salon, et illumine aussitôt la salle d’un sourire contagieux, entier, qui paraît sincère. Sans plus de manières, elle se met à secouer des maracas, puis, joueuse, pique celles d’Antoine, son compagnon de scène. Plus tard, elle essaie de faire pousser une flûte dans un pot de fleur, et
s’inquiète toutes les trois minutes de faire du mal à la terre, s’agenouillant, honteuse, et reprenant sa ritournelle : j’suis vert ! j’suis vert…
Le spectacle de Sophie Forte pourrait être un hymne à la simplicité. Un petit show grandeur nature, sans fards, mais avec beaucoup de douceur et d’humour. A ses côtés, au piano, Antoine (Sahler) – personnage dégingandé, bricolo et joue-à-tout – lui donne la réplique et fait office de grand frère moqueur et attachant.
Avec sa voix étonnante (très aigüe) et parfaite pour l’emploi, la chanteuse a percé l’art des rengaines, facilement reprises par les enfants (j’ai d’ailleurs assisté à une reprise de La girouette par le public très émouvante). Le genre d’airs qui deviennent entêtants après quelques écoutes seulement…
Les thèmes sont variés, très ancrés dans l’actualité et le monde contemporain : religion, écologie, divorce, adoption… Des sujets graves, mais toujours traités avec suffisamment de dérision pour ne pas plomber l’ambiance.

Et comme Graines de Mômes est un blog plein de surprises incroyables et fantasticuleuses, figurez-vous que j’ai dans ma poche une interview de Madame Forte en personne, que je vais vous balancer en ligne dès demain, histoire de créer un peu d’attente et de frustration autour de moi.

En attendant, pour connaître les dates de tournée de ses deux spectacles J’suis vert et Maman dit qu’il ne faut pas, cliquez donc là : http://www.sophie-forte.com/dates.html

Ah oui, et il y a aussi un disque : J’suis vert, Victorie Music, 15€.

jeudi 17 septembre 2009

Journal d’un dégonflé

Dans ce deuxième tome du journal de Greg Heffley, nous voici confrontés à un monde totalement immoral : le grand frère de Greg lui fait subir un chantage ignoble, sans jamais se faire prendre (et accessoirement joue aussi dans un groupe de heavy metal). Greg lui-même persécute son copain Robert, un type un peu bêta, qui se laisse généralement faire sans rien comprendre.
Le livre regorge de bêtises à ne plus savoir qu’en faire, de gags excellents, d’idées d’une naïveté confondante parfois, le tout mêlé à un sens diabolique de la manipulation.
Ajoutez à cela des punitions qui pleuvent, une maman très portée sur la psychologie, qui teste sur ses enfants des théories de pédagogie alternative… Bref, un univers familial américain dépeint avec une certaine finesse d’esprit et beaucoup d’humour.

Journal d’un dégonflé, Rodrick fait sa loi, roman illustré de Jeff Kinney, éditions du Seuil, 9,95€.

mercredi 16 septembre 2009

Un tout petit pois


C’est l’histoire d’un petit pois. C’est tout. Un bête petit pois, rond et vert, qui nait, découvre son environnement, grandit, explore un peu plus loin, et finit par découvrir un monde vaste et infini.
L’évolution du petit pois est figurée par des formes géométriques simples aux couleurs vives et aux traits bruts. Ces illustrations minimalistes, symboliques, devraient faire turbiner les petits lecteurs et leur permettre de découvrir un autre rapport possible entre texte et image.
En résumé, voilà un petit pois audacieux, qui fait marcher la tête et l'imagination, qui surprend et qui réjouit.

Un tout petit pois, album de Stéphane Servant, éditions Rue du monde, 14€.

mardi 15 septembre 2009

Aagun


Trop fort cet illustrateur, il arriverait presque à nous faire croire qu’il suffit d’un seul coup de pinceau, et hop ! mesdames et messieurs, voici une splendide image, sous vos yeux émerveillés!
A grand renfort d’encre de Chine, l’époustouflant Dedieu jette sur le blanc du papier des espèces de grosses taches noires en mouvement, sur lesquelles se découpent de fines silhouettes, inspirées de la calligraphie chinoise. Un univers noir et blanc minimaliste et puissant, qui illustre une histoire elle aussi déroutante, d’une guerre entre deux tribus qui se règle de bien étrange façon.

Aagun, un album signé Dedieu, aux éditions du Seuil, 15 €.

Si vous n’êtes pas encore tombé en pâmoison devant l’une des œuvres de cet illustrateur, il est temps de découvrir Thierry Dedieu, nom de… http://www.thierrydedieu.com/

vendredi 11 septembre 2009

Assassin !

Un super polar impossible à lâcher avant la fin. Des tas des fausses pistes dans lesquelles je me suis allègrement vautrée. On sent une grande maîtrise du genre chez Béatrice Nicodème, ainsi qu’un goût avéré pour le suspense. Cela lui donne un côté chat, jouant avec la souris qu’est devenu le lecteur.
L’intrigue, tarabiscotée à souhait, et racontée depuis la tête d’un adolescent, aborde notamment le sujet de la culpabilité de façon très intéressante.
NB: Assassin! est l'un des quatre premiers titres de la toute nouvelle collection Chambres noires des éditions Mango jeunesse. Avis aux amateurs de sensations fortes et de mystères en tous genres...

Assassin !, un roman écrit par Béatrice Nicodème, dans la collection Chambres noires des éditions Mango jeunesse, 9€. (conseillé à partir de 10 ans)

mardi 11 août 2009

L’histoire de Clara

Je voudrais vous dire tout le bien que je pense de ce livre, un roman avec des airs d’album un peu à l’ancienne, illustré mais pas trop, pour les bons lecteurs mais pas trop. Un livre qui parle de choses graves, mais sans trop de gravité dans la voix, qui donne envie de pleurer parfois, mais qui ose nous faire marrer juste avant ou juste après…
Un récit, raconté à plusieurs voix, qui plonge le lecteur dans la grande Histoire, à travers ses « petits » acteurs. L’histoire d’un bébé juif, Clara, qui va passer la guerre de bras en bras. De ceux d’une vieille à ceux d’une nonne, à ceux d’un fermier, à ceux d’un résistant, à ceux d’un soldat allemand, à ceux d’une espèce de sorcière, etc.

Je vous renvoie à ce qu’en écrit Vincent Cuvellier lui-même sur son blog, histoire de vous convaincre que ce livre vaut vraiment le détour par une librairie, ou une bibliothèque :

http://vincentcuvellier.canalblog.com/archives/2009/05/11/

L’histoire de Clara, de Vincent Cuvellier, illustré par Charles Dutertre, Gallimard jeunesse, 13,50€.

lundi 10 août 2009

La poupée cassée

Après Diego, voilà Frida ! Cet album illustré raconte l’enfance de Frida Kahlo, qui deviendra plus tard une peintre de renommée mondiale, et aussi la femme de Diego Rivera. L’histoire qui est contée ici s’arrête quand Frida réalise son premier autoportrait. L’auteure a donc fait le choix de ne raconter que la naissance de la vocation de l’artiste. Personnellement, je trouve ça frustrant et doute que ce soit le plus intéressant, à moins d’être déjà calé sur la vie et l’œuvre de la dame. Restent les illustrations, audacieuses et carrément surréalistes, surprenantes et invitant au voyage. Un joli complément au livre sur Diego Rivera (chroniqué hier) ou à tout autre album sur Frida Kahlo qui m’aurait échappé.

La poupée cassée, un conte sur Frida Kahlo, écrit par Marie-Danielle Croteau, illustré par Rachel Monnier, éditions Les 400 coups, 10€.

dimanche 9 août 2009

Diego

Ce petit livre tout simple raconte la vie du peintre mexicain Diego Rivera. En regard du texte, court et accessible aux lecteurs débutants, chaque illustration est un petit tableau, dans l’esprit de ceux du maître. Une mini biographie qui fait la part belle à l’enfance de l’artiste et permet de comprendre la naissance de sa vocation. Je recommande très vivement.

Diego, de Jeanette et Jonah Winter, collection Mouche, de L’école des loisirs, 7,50€.

samedi 8 août 2009

Le chevalier au loup

Un thriller du Moyen âge, des pèlerins en route pour Compostelle, des loups affamés, des personnages inquiétants, une légende, un trésor, une Bretagne pleine de mystères sous la neige… Bref, un bouquin difficile à lâcher avant la fin, qui donne la chair de poule, de froid et de peur. Je me suis laissée séduire et totalement embarquer dans cette visite guidée et historique des Côtes d’Armor (alors qu'a priori, ce n’est pas trop my cup of tea). Inutile de préciser que les fondus de chevalerie et de légendes du Moyen âge devraient tomber en pamoison.

Le chevalier au loup, de Viviane Moore, éditions Thierry Magnier, 8,50€.

vendredi 7 août 2009

Lili la petite sorcière, le dragon et le livre magique

Désignée comme la future grande sorcière du pays, Lili, une petite fille tout ce qu’il y a de plus humaine et normale, se retrouve en possession d’un livre magique, capable de réaliser des tours de magie sensationnels. Et en prime, cette Lili va voir débarquer dans sa vie un petit dragon, envoyé par la grande sorcière en chef pour l’aider. Car figurez-vous que le monde est en danger, et que Lili va devoir improviser pour sauver l’humanité des griffes du vilain et ridicule sorcier Hieronymus…
Adapté de la série de livres à succès Magic Lili, ce film est plein de couleurs et de fantaisie, de gags astucieux et de personnages attachants. Il devrait, à tous les coups, enchanter les petits.

Lili la petite sorcière, le dragon et le livre magique, un film (allemand) de Stefan Ruzowitzky, en salle le 12 août.

jeudi 6 août 2009

I love your blog ! She loves my blog, etc.

Me voilà intronisée dans la Grande Confrérie des Blogueurs, celle qui décerne des petites décorations, s’envoie des mots doux et crée du buzz sur le net.
C’est Jill C, grande Ricochétienne devant l’éternel, qui m’a fait rentrer dans le Club. Qu’elle en soit remerciée chaleureusement ici !

Donc tout ça pour vous préparer psychologiquement à entendre que je viens de me voir décerner un « I love your blog ! ».
Cela signifie que celle qui m’a donné cette distinction aime mon blog. Et la conséquence de ça, c’est que je dois à mon tour décerner des « I love your blog ! » à 15 blogs que… j’aime, tiens !



Bon, alors, au pas de course :

Alice in Wonderblog, une lettreuse talentueuse et prometteuse, dont le blog est un perpetuel chantier en cours...
http://le-wonderblog.blogspot.com/

Ojni, une illustratrice qui fait des merveilles :
http://ojni.blogspot.com/

Benoit Broyart, auteur, qui file son blog au fil de ses pensées et de ses coups de cœur, de ses attentes et de ses petits bonheurs…
http://benoitbroyart.blogspot.com/

Face de blog. De face oui, mais aussi de profil, de trois quart… Nicolas fait le portrait des gens qu’il croise,
http://facesdeblog.hautetfort.com/

Du rose dans le gris.
Propos salutaires sur la place des femmes dans notre société.
http://drdlg.blogs.com/du_rose_dans_le_gris/

Ben voilà, ils s’appellent 1 et 2. Et il faut les voir pour le croire… très drôle.
http://1et2.over-blog.net/

Pénélope Jolicoeur : si, si, on vous le dit, sa vie est vraiment fascinante !
http://www.penelope-jolicoeur.com/

Vincent Cuvellier. Déjà qu’il écrit bien et tout, voilà qu’en plus il a l’air intelligent et marrant même dans la vie, pffff…
http://vincentcuvellier.canalblog.com/

Un Brésilien à Paris, qui raconte des trucs dingues…
http://cherieaparis.blogspot.com/

Anne Percin. L’univers d’une auteure incarnée.
http://annepercin.blogspot.com/feeds/posts/default

Bon, y en a que dix, mais tant pis, je triche un peu, et puis j’en mettrai 34 la prochaine fois si je veux… Non mais ! faut pas croire que chu pas cap !

mercredi 5 août 2009

Sayonara samouraï

Cela pourrait presque être un docu-fiction tant on apprend de choses sur l’art ancestral des samouraïs. Il n’y a pourtant pas de folklore japonais, de combats au sabre ou de grands cris terrifiants dans ce roman, mais simplement une histoire d’ici et maintenant qui parle de maladie, d’amitié, d’amour et de sagesse.
Le combat raconté ici est terriblement proche de nous et pourtant, il est de ceux que seuls les vrais samouraïs peuvent remporter… Je vous préviens, c’est pas gai, gai, mais la philosophie qui traîne entre les pages est salutaire.

Sayonara samouraï, de Julia Billet, collection Karactères, éditions du Seuil, 8,5€ .

mardi 4 août 2009

Blue Cerises



Que ceux qui n’ont encore jamais mangé de cerises bleues, lisent ce qui suit. Car voilà dans vos librairies une série de petits romans déclinée sur un concept très chouette. Quatre personnages, quatre livres, quatre auteurs pour raconter un même moment de la vie d’une bande de jeunes lycéens. Vous me suivez ? Ajoutez à cela que la série se décline en saisons, comme à la télé, et qu’elle mêle donc à l’intrigue générale (la bande des quatre porte un lourd secret sur ses huit épaules) de plus petites intrigues, résolues en partie dans chaque livre. Bref, de quoi vous rendre accro à ces drôles de fruits.


On récapitule :
Blue Cerises, première saison : Octobre. Quatre livres écrits respectivement par Maryvonne Rippert (Zik, l’ange des toits), Cécile Roumiguière (Violette, l’amour basta !), Jean-Michel Payet (Satya, l’attentat) et Sigrid Baffert (Amos, cibles mouvantes), tout ça dans la collection Macadam des éditions Milan, 4€ chaque livre. Et voilà, pas compliqué !

lundi 3 août 2009

Impossible à dire

Encore une variation sur le thème du secret de famille. Ou quand un gamin de onze ans commence à se poser des questions sur ses origines et à fouiller dans la vieille malle du grenier... L’intrigue se déroule dans une ambiance américaine un peu hors du monde, dans une espèce de famille composée de bric et de broc, et très attachante. Un roman touchant, qui aborde également au passage la difficulté d’apprendre à lire et les mécanismes fascinants de la mémoire.

Impossible à dire, de patricia Reilly Giff, collection Tribal, Flammarion, 10€.

vendredi 31 juillet 2009

Bas les pattes

Après dix ans de carrière dans un groupe de chanson française qui s’appelle Les Blaireaux, François Velliet n’a pas pu s’empêcher de fourrer plein de bébêtes à poils dans son disque. On y trouve aussi des bestioles bizarres qui mangent les montagnes : les rozions… Sans compter les emmerleurs, qui font la bringue à pas d’heure, et puis des hippopotames, des paresseux, et une tribu de yacks tout ce qu’il y a de plus normale… Reste le plus bizarre de tous, qui marche à quatre, puis deux, puis trois pattes…
Pour ne rien gâcher au tableau, les illustrations de tout ce bestiaire ont été confiées à Roland Garrigue, qui est très fort en dessins d’animaux (surtout en bécasses… Que ceux qui comprennent laissent un commentaire, ils auront droit à une médaille.)
François Velliet est un « chanteur qui démange » qu’ils disent sur le bandeau de couverture. Moi, en toute honnêteté, ça m’a pas gratté quand je l’ai écouté, mais j’ai apprécié les sonorités jazzeuses, les rythmes balancés, et les paroles rigolotes.


Bas les pattes, 14 chansons pour brailler avec tous les animaux, un livre-disque de François Velliet, dans la collection Tintamarre des éditions Milan, 19,90€.

jeudi 30 juillet 2009

A fond la gomme !

Le petit Nico se prépare pour aller à l’école. Pendant qu’il enfile tee-shirt, bonnet, écharpe, chaussettes et chaussures à talonnettes (dans un ordre, ma foi, assez incertain), il fait carrément le malin. Et vas-y que je me prends pour un super héros, doublé d’un beau gosse, prêt à venir en aide à tous mes amis célèbres et à frimer grave avec ma super montre à la mode. Mais ce petit Nico – tête de capsule rouillée, jambes, bras et petit zizi en fil de fer – se rend compte à la fin qu’il a oublié l’essentiel…
L’attachée de presse avait pourtant prévenu : « Un album tout en double sens, avec ce petit qui a besoin de se convaincre qu’il est très fort. » Et pour les neuneus de mon espèce, elle a même rajouté : « Attention, un Nicolas peut en cacher un autre… » Et alors là, illumination dans mon petit cerveau ! Et presque simultanément : jubilation !! Ça y est la révolution est en marche ! L’art subversif infiltre la littérature jeunesse ! La politique au biberon !
C’est un peu comme si on était des résistants et qu’on cachait des grenades dans des petits pots pour bébés, non ?! Bon, ok, je perds un peu le sens de la mesure… Mais n’empêche, je trouve ça assez classieux de la part de Christian Voltz, d’avoir osé le pamphlet masqué.

Autant dire que c’est un livre qui devrait réjouir les petits nenfants aux rires frais et innocents, ainsi que leurs diaboliques parents aux yeux fendus par la haine et la duplicité… (rire sardonique).


A fond la gomme ! de Christian Voltz, éditions du Rouergue, 12€.

lundi 27 juillet 2009

Là-Haut

Voilà un nouvel objet volant parfaitement identifié, naviguant sous les couleurs de l’équipe Disney - Pixar.

Là-Haut raconte l’histoire de Carl, 78 ans, veuf un peu grincheux, qui finit sa vie seul depuis que sa chère et tendre est morte. Mais des promoteurs affamés rodent dans le quartier et aimeraient bien voir le vieillard déguerpir. Pour leur échapper, et éviter la maison de retraite, Carl emploie donc les grands moyens : il attache sa maison à une multitude de ballons multicolores gonflés à l’hélium. C’est alors que le rêve et la poésie déboulent : la maison s’élève dans le ciel et débute un incroyable voyage en direction de l’Amérique du sud. Evidemment, ce que n’a pas prévu le vieil homme, c’est qu’il embarque par erreur un gamin avec lui, et que leur deux destins vont devoir s’entremêler.
Les réalisateurs ont osé s’attaquer à des sujets aussi peu sexy que la vieillesse, la mort, ou la solitude. Il fallait être gonflé (à l’hélium ?) pour penser un film d’animation grand public ayant pour héros un vieil acariâtre de 78 ans plein de rhumatismes et même pas beau. Personnellement, je trouve cela réjouissant, et très réussi. Pour le reste, c’est à peu près comme d’habitude : le rythme est rythmé, les rebondissements sont rebondissants, l’humour est drôle, et les trouvailles bien trouvées (notamment celle du collier à faire parler les chiens, qui m’a tout particulièrement mise en joie).


Là-Haut (ou Up en version original), un film d’animation de Pete Docter et Bob Peterson, en salle le 29 juillet.
la bande annonce c'est ici (allez-y cliquez)

vendredi 24 juillet 2009

Merlicoquet et autres contes de randonnée


C'est quoi ?

Merlicoquet est le troisième recueil de contes du grand et sympathique Yannick Jaulin. Les huit contes qu’il nous raconte ici sont habillés de musique et accompagnés par une chorale d’enfants, lesquels sont en charge des ritournelles.
La langue est chantante, dépaysante, et bourrée d’expressions et autre vocabulaire tirés du patois. De quoi rester en suspension de longues minutes.

C'est qui ?

Je cite : « Malgré une enfance asthmatique et vendéenne, Yannick Jaulin est aujourd’hui un conteur qui conte et un conteur qui compte.
Il est l’un des rares acteurs de cette discipline émergente à fréquenter aussi bien les scènes nationales que les sales polyvalentes, à alterner les spectacles d’une grande exigence théâtrale et les récitals de contes avec un groupe de rock ou un ensemble contemporain. »*
C'est comment ?
Super bien.

Merlicoquet et autres contes de randonnée, écrit et raconté par Yannick Jaulin, mis en musique par Camille Rocailleux, chanté par la chorale du conservatoire de La Roche-sur-Yon, Didier Jeunesse.

*Souvenez-vous, il est aussi celui qui a établi le Nombril du monde à Pougne-Hérisson, dans le Poitou, ça n’est pas rien !

jeudi 23 juillet 2009

Mon père est un homme-oiseau

Le papa de la petite Lizzie n’a qu’une idée en tête : voler comme un oiseau. Pour cela, il s’est confectionné une paire d’ailes, suit un régime alimentaire spécial à base de vers de terre et d’insectes, et il s’est même inscrit au Grand concours de l’homme volant… Partagée entre l’inquiétude et le besoin impérieux de soutenir son père, la petite fille va décider de le suivre sur la voie des airs… Une histoire farfelue, absurde, dingue et très drôle, qui dessine en toile de fond le portrait émouvant d’un père et de sa fille tachant de survivre à la disparition de la mère.
Les illustrations, comme le texte, abordent avec beaucoup de délicatesse et de douceur des situations délirantes et cocasses. Peut-être parce que derrière les idées les plus saugrenues se cachent, parfois, de gigantesques démonstrations d’amour.

Mon père est un homme-oiseau, un roman de David Almond, illustré par Polly Dunbar, aux éditions Actes Sud junior, 13,80€.

mercredi 22 juillet 2009

Orphée et la morsure du serpent

Yvan Pommaux, quand il s’ennuie, se farcit un petit épisode de la mythologie grecque. Après Thésée, le voilà qui nous revient avec Orphée. Et comme il est très fort, ce monsieur Pommaux, il parvient à rendre cette légende accessible à des enfants (et à leurs ignares parents, au passage).

Juste pour le plaisir, je vous raconte toute l’histoire…

Fils d’une déesse et d’un mortel, Orphée subjugue tout le monde avec sa lyre, même les animaux et les arbres, c’est dire ! La musique, le chant et la poésie, c’est son truc à mort. Et il n’a même pas un regard pour toutes les bimbos de Grèce qui se pâment à ses pieds. Jusqu’au jour où il croise le regard de la belle Eurydice. Il en tombe raide dingue et l’épouse aussitôt. Alors que nos contes s’arrêteraient là, avec un mariage heureux et tout plein d’enfants, pour Orphée, c’est bien au contraire le début de la galère qui commence.
Car voilà-t-y pas qu’Eurydice se fait mordre par un serpent et meurt. Rien à faire, les Moires – qui ont le pouvoir de couper les fils de la vie – ont décidé que c’était son heure. Mais Orphée ne l’entend pas de cette oreille. Et il va, tranquille le gars, chercher Eurydice au royaume des morts.
Avec un tel aplomb et une telle confiance en soi, pas étonnant qu’il obtienne exceptionnellement l’autorisation de ramener sa belle. A la condition, toutefois, qu’il ne se retourne pas vers elle avant d’être sorti de chez les morts. Et là, paf, au dernier moment il craque, il se retourne, et c’est foutu…
Le mythe d’Orphée finit mal, et même dans des circonstances dignes de Evil Dead ou Massacre à la tronçonneuse. Heureusement, l’histoire qui encadre le récit du mythe (dans la version de monsieur Pommaux), et qui se passe dans le monde contemporain, finit de manière beaucoup plus soft. Faut dire qu’on a de bons anti-venins aujourd’hui, c’est quand même plus simple que tout ce bazar...


Orphée et la morsure du serpent, écrit et illustré par Yvan Pommeaux, L’école des loisirs, 18,50€.

mardi 21 juillet 2009

La croûte

Quand une maman meurt, que reste-t-il à son enfant ? Une odeur, une voix… Le petit garçon de cette histoire voudrait enfermer à jamais cette odeur et cette voix pour ne pas perdre complètement sa maman. Mais quand sa grand-mère vient ouvrir en grand les fenêtres pour aérer la maison, l’enfant doit trouver une autre façon de garder en lui le souvenir de sa mère. Récit poignant, délicat et néanmoins drôle parfois, La croûte raconte la douleur et la vie de ceux qui restent après la mort. Un magnifique album.

La croûte, de Charlotte Moundlic, illustré par Olivier Tallec, Père Castor, 10€.
NB. Si ça vous intéresse, voici la critique faite de ce livre dans Télérama

lundi 20 juillet 2009

3D kids

Qui n’a jamais vu des rondins de bois danser la carmagnole dans les champs, une course poursuite entre un poissonnier et un couple de poulpes fugueurs, ou une fête dans un frigo, aura manqué quelque chose dans son enfance. Heureusement, il y a tout ça – et bien plus – dans les 12 films d’animation réunis dans le DVD 3D Kids.
Ces courts-métrages ont été puisés dans la programmation « nouvelles images » du festival Némo, qui présente chaque année la crème des créateurs d’images animées. L’ensemble des ces films est hétéroclite, parfois drôle, hermétique, poétique, musical ou énigmatique. Plein de surprises et d’images qui questionnent, pour faire ouvrir grand les mirettes aux enfants, et leur montrer d’autres mondes visuels possibles. (conseillé dès 5 ans)

DVD 3D kids, Chalet pointu, 14,90€.